Mardi 29 mai 2007
Je n'en ai pas encore parlé ici, mais je suis passionnée par les contes de fées. Enfin, pour être exacte, par les contes en général. Une nouvelle catégorie verra bientôt le jour sur ce blog, présentant les différents types de contes (eh oui, il n'y a pas que les contes de fées!), leur utilisation, leur fonction dans la société etc. Je vous présenterai également quelques contes que j'aime particulièrement, et surtout des contes traditionnels régionaux (du Poitou notamment, ma région actuelle, mais aussi de diverses régions françaises ).

Ce qui m'interesse particulièrement, c'est le rôle que joue le conte sur l'inconscient et sur la construction personnelle de l'enfant. Et de l'adulte, tout surprenant que cela puisse paraître. Ils répondent à des angoisses inconsientes telles que la séparation maternelle, la mort, la trahison, et bien d'autres encore. Afin d'approfondir les quelques connaissances que j'ai déjà sur le sujet, je viens d'acheter un livre que l'on m'a maintes fois recommandé: Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim. J'en posterai une critique lorsqu'il sera terminé. Et j'ai déjà hâte de le dévorer...




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Jeudi 19 avril 2007
NB: etant en irlande actuellement, je ne peux disposer que d'un clavier QWERTY, et rien n'est à sa place. Ne vous etonnez donc pas de ne pas trouver d'accents sur les E, je n'ai pas reussi à mettre la main dessus. Pas faute d'avoir cherche pourtant...

Belzebuth,Lucifer, ou encore Sheitan pour certains, crime, viol, ou vice pour d autres, le mal porte tous les noms, presente tous les visages, agit sous toutes les formes. Il est celui que la societe combat et condamne depuis toujours, à grands renforts d'incantations, de rituels, ou de lois et d'actions policieres. Depuis toujours,le bien lutte contre le mal et, meme si souvent il parvient à le freiner, rien ne peut vraiment l'arreter. La vie est le theatre incessant de cette guerre sans merci, la mort son dernier acte.
Dans son nouveau roman, Le Serment des Limbes, Jean-Christophe GRANGE nous convie à une teriffiante descente aux enfers, la où realite et raison se perdent dans les abysses de l'inconcevable et laissent place à la demence des etres possedes par le Malin.
GRANGE, retords et noir, fidele à lui meme, à travers une intrigue merveilleusememt orchestree et terriblememt efficace, nous fait approcher le Diable au plus pres. 650 pages durant, Lucifer s'empare de l'imagination du lecteur, semant la terreur dans son esprit, laissant planer, jusqu'à la derniere page, un terrible doute aux airs de tenebres et de folie meurtriere. 650 pages dans lesquelles GRANGE laisse rationnel et surnaturel se livrer un combat acharne pour faire du Serment des Limbes, deuxieme volet apres La Ligne Noire d'une trilogie consacree aux origines du mal, sans doute un de ses meilleurs romans.


Une spectaculaire plongee au coeur du royaume de Satan.


Jean-Christophe GRANGE, Le Serment des Limbes, 650 pages, aux editions Albin-Michel. 23,90 euros.
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Lundi 12 mars 2007
Les romans policiers tiennent une grande place dans ma bibliothèque. Actuellement, les 2/3 de mes rayonnages en sont chargés, avec une (large) préférence pour les romans noirs, communément appelés Polars.

Lire un polar, c'est tout d'abord se divertir, se plonger dans un genre qui nous permet de nous sortir des lectures habituelles pour nous transporter dans un monde fait d'intrigues et de suspense. On aime ou on aime pas. Et quand on aime, souvent on en redemande. Mais il me semble que, comme toute forme d'art, la découverte et le parcours à travers les auteurs nécessite une progression, et même une "initiation". Bien entendu, le lecteur n'est pas obligé d'avoir lus certains auteurs pour en lire d'autres ensuite. Mais certains auteurs se révèlent en effet plus complexes que d'autres, et il est interessant d'avoir déjà une expérience du polar "banal", bien que le terme ne soit pas le bon, pour apprécier certaines oeuvres à leur juste valeur. C'est pourquoi j'emploie le terme d'initiation, que je préciserai un peu plus tard, dans un autre article de cette catégorie.

Tout le monde a déjà entendu parler d'Agatha Christie. Et j'oserais même dire que peu de personnes n'ont pas un jour eu entre les mains le célèbre "Dix Petits Nègres", ou le non moins fameux "Crime de l'orient Express". J'ai lu toute l'oeuvre d'Agatha Christie, que je trouve exceptionnelle tant du point de vue littéraire que de celui des scénarios mis en jeu. Sa plume se reconnait entre toutes, c'est une évidence; Je pourrais également citer Maurice Leblanc, dont le célèbre Arsène Lupin fait des merveilles et flirte avec le roman noir dans "l'Ile aux trente cerceuils". Mais depuis quelques années, j'ai découvert les polars contemporains. Les polars contemporains et leur monde noir, où victimes et meurtriers évoluent dans un univers dément. Et à côté d'eux, malgré tout le génie qu'ils ont pu développer, Hercule Poirot et Lupin luttent difficilement. Alors qu'ils nous livre des enquêtes, bien que passionnantes, sur des meurtres sans grande originalité, certains auteurs contemporains tels que Jean Christophe Grangé ou Michael Connely nous transportent au plus profond du mal, dans le cerveau de tueurs psychopathes et maniaques qui ne peuvent laisser le lecteur indifférent. Avant eux, Mary Higgins Clark avait ouvert la voie, mais les élèves, qu'ils soient Grangé, Connely, Coben, Ellroy et bien d'autres ont depuis longtemps dépassé le maître....ou la maîtresse en l'occurance.

Par "polar", on peut également entendre "Thriller". Le meurtre n'est pas forcémment la trame principale du livre, et c'est là que le suspense devient LE principal élément qui nous fait continuer la lecture. Il FAUT savoir comment tout cela va finir. John Grisham est sans aucun doute l'un des plus grands spécialistes du genre. Ancien avocat, ses thrillers juridiques (L'Affaire pélican, La Firme, Le Client, Non Coupable, Le Testament, et bien d'autres) nous transportent dans une course effrenée qui ne cesse qu'à la dernière page. Un auteur de génie.

Le polar, quand on le pratique régulièrement, devient rapidement une drogue. On prend goût au suspense, à l'intrigue, à l'effroi, à l'horreur parfois. On s'immerge dans un monde de démence, de violence, et de schizophrénie, pour pénétrer au plus profond l'âme des personnages. L'imaginaire nous fait voir, ligne après ligne, ce que le meilleur cinéma ne pourra jamais décrire. On frissonne le soir à la lumière de la lampe de chevet ou dans le train entre deux rendez vous. Et quand enfin on referme la dernière page, on se demande quel éclair de génie a bien pu illuminer la plume de ces auteurs qui nous ont transportés, le temps d'un pavé, dans un autre univers. Les polars m'ont déjà fait vivre les pires angoisses, ont perturbé mes nuits et m'ont parfois donné peur du noir, mais je persevère...

Adrenaline Addiction...
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Lundi 12 mars 2007

"L'esprit n'appartient à personne, la liberté non plus"
        (André Comte-Sponville)


Dieu existe-t-il? Peut-on se passer de religion? Les athées sont-ils contraints à une vie dépourvue de spiritualité? Aujourd'hui, le monde observe un retour important de la Foi et de la Spiritualité. Ce peut être une bonne chose, toutefois cette nouvelle énergie religieuse porte son lot d'inconvénients: retour du dogmatisme, de l'obscurantisme, de l'intégrisme et du fanatisme.

Avec "L'Esprit de l'Athéisme, introduction à une spiritualité sans Dieu", André Comte-Sponville tente de répondre avec clarté et discernement à ces questions essentielles que notre monde, en plein choc des civilisations et soumis au retour du Religieux, se pose inévitablement. Réflexions post-lecture.


Rien de plus dangereux et hasardeux aujourd'hui que de tenter d'ouvrir le débat sur l'existence, ou l'inexistence, du Dieu créateur. De tout temps, il y eut des croyants, des athées, et des indécis.  Les conflits actuels nous rappellent que, bien que la laïcité prennent une place de plus en plus importante dans de nombreux états, les questions de la religion et de la foi sont des points ultra sensibles qui transfoment certains endroits du globe en véritable poudrière. André Comte-Sponville relève le défi et réussit cependant à ouvrir une reflexion de man
ière claire. Sa conception de la philosophie est telle qu'il veut éveiller l'esprit de son lecteur, afin de le conduire vers une reflexion intime et une autonomie de pensée, mais sans jamais tomber dans l'affirmation péremptoire et subjective ni dans le dogmatisme. Sa réflexion n'engage que lui, et libre à son lecteur d'adhérer ou non à ses propos. Son discours simple et lucide, dans la droite lignée des Lumières, incite son lecteur à penser par lui-même.

Croire ou ne pas croire est le droit le plus absolu de chacun. A la question "Dieu existe-t-il?"et quelque soit la position que l'on adopte face à la religion, la réponse relèvera d'une croyance, et non d'un savoir. Pour la bonne et simple raison qu'il n'existe pas de preuve suffisamment fiable pour prouver et l'existence, et l'inexistence, d'un Dieu Créateur. Il est donc légitime de se ranger derrière l'une ou l'autre des possibilités. On peut être convaincu de l'existence de Dieu, mais en aucun affirmer "savoir" qu'il existe, ou non. La grande majorité des croyants admettent d'ailleurs cette ignorance, et seuls les extremistes se définissen
t comme détenteurs de ce savoir, et tentent ainsi de l'imposer comme LA vérité absolue. D'où les guerres de religion, les attentats, et toutes les dérives que nous ne voyons que trop souvent dans l'actualité.

Mais qu'en est il de la spiritualité? Ne pas croire implique-t-il obligatoirement une spiritualité réduite au néant? La spiritualité n'est elle reservée qu'aux religieux? Evidemment non. Bien que la religion offre un espoir à ses adeptes, elle ne donne pas plus de morale à ses fidèles. Il y a au moins autant d'athées vertueux que de croyants malhonnetes, dira l'auteur au sujet de l'impact  de la religion sur l'éducation des Hommes. J'abonde complètement en ce sens. Ne pas croire en Dieu n'em
peche pas d'être bon, honnête, généreux et droit. Inversement être croyant n'empêche pas d'être un menteur ou un criminel. La spiritualiité chez les athées relève seulement plus de l'opinion personnelle que de la poursuite d'un idéal décrit dans un livre, et chacun peut la vivre comme il l'entend.

Il serait trop long de revenir sur tous les élèments hautement interessants que j'ai pu trouver dans ce livre, dans lequel je me suis à maintes reprises profondément retrouvée. André Comte-Sponville y propose une véritable philosophie de l'action dans laquelle chacun peut trouver une voie à explorer. Je ne peux que vivement vous conseiller sa lecture qui, quelque soit votre position sur le sujet vous apportera, si ce n'est des réponses, au moins un axe de réflexion essentiel sur la question de la religion dans le monde actuel. Avant la lecture de ce livre, je me savais athée. Le livre refermé, je me définis par ce que l'auteur appelle "athée fidèle". Je ne crois pas en l'existence de Dieu, cependant je me revendique d'éducation chrétienne. Je suis issue d'une culture dont le Christianisme a posé les règles, mes traditions sont en grande partie celles dictées par la Bible même si je n'en vis pas les aspects religieux, et je ne rejette en rien ces origines qui font de moi ce que je suis aujourd'hui.

L'Esprit de l'Athéisme, d'André Comte Sponville, paru en Octobre 2006 aux Editions Albin Michel, 215 pages, 16 euros.
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