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Pour lire la première partie, c'est juste en dessous, ou encore ici"Le Bonheur, 1ère
partie".
2ème partie: Viendez taper le boeuf au p'tit resto de Vieure...
Après cette soirée irlandaise enflammée à La Bourboule, après avoir démonté tout le matériel et perdu quelques litres d'eau (c'est dingue ce que ça peut être lourd ces choses là!), nous sommes
repartis pour le Cros afin d'y passer une nuit de sommeil bien méritée. Mais pas question de rester trop longtemps à la maison, hier soir vendredi 13 juillet nous voilà repartis pour un repas à
la bonne franquette, coq au vin -coquillettes arrosé d'un (heu...quelques ...) verre de rouge dans un petit restaurant ouvert il y a moins d'un an et tenu par un couple d'irlandais
expatriés.
Au programme, coq au vin-coquillettes, certes, mais également musique avec deux excellents muiciens: un accordéoniste et un joueur de cornemuse Centre-France, ami de mon père et avant tout
luthier, comptant parmi les meilleurs facteurs de cornemuse en Europe: Serge Durin. Une belle rencontre donc, pleine de richesse et d'enseignements.
Tous les deux ont joué pendant trois bonnes heures, enchaînant valses, polkas, mazurkas et autres morceaux traditionnels mêlés à des compositions personnelles ou à des arrangements souvent
improvisés, pour accordéon et cornemuse, de morceaux plus récents. Une vraie merveille pour les yeux et les oreilles. La soirée avançant, l'envie de jouer commençait à me brûler les doigts. Mais
mon père avait prévu le coup, et m'avait conseillé de prendre ma flûte, "juste au cas où"...
Tandis que, vers minuit, l'accordéoniste entamait seul une valse bien connue, serge est allé, avec Patrice, un ami de mon père qui nous avait emmenés, chercher la guitare de papa dans la
voiture. A la fin de la valse, ils ont coupé les micros, se sont installés à côté de nous et le boeuf a commencé.
A l'origine, nous étions 4 instruments: cornemuse, guitare, flûte, et accordéon. Sont ensuite venus se greffer une jeune danoise et son violon, le patron du bar et sa mandoline, ainsi qu'un
autre guitariste. Nous avons eu là un magnifique exemple de transmission orale et d'improvisation. Chacun notre tour, nous donnions une mélodie (souvent des airs traditionnels de nos
repertoires personnels), repris par les autres, développés, arrangés "sur le tas", dans une superbe communion musicale. Un vrai moment de bonheur, que les clients du restaurant encore debouts
ont partagé avec nous.
1h00 du matin! Le conducteur de la voiture sonne le rappel, on range les instruments. Mais ça discute encore un peu devant le bar, alors j'en profite pour apprendre à un groupe de clients
quelques chants traditionnels appris cette année en cours. Chants à boire, complaintes, chants à répondre....Là encore un superbe moment de partage avec un seul but: chanter, se faire du
bien!
Je me suis sentie ce soir là comme un poisson dans l'eau, comme transportée très loin par toute la musique que nous venions de créer, tous ensemble, autour d'un verre de vin. D'autres soirées
de ce type sont prévues cet été, je sens que ces vacances n'ont pas fini de me régaler...
Aujourd'hui, un article en deux parties. Pas pour la longueur, mais simplement parce que les deux évenements dont je vais parler sont indépendants l'un de l'autre mais contribuent à ce que
je nomme le bonheur actuellement, en cette période de vacances...pour le moins musicales!
1ère partie: Shelta met le feu à La Bourboule.
Jeudi soir, 12 juillet, je me suis rendue à La Bourboule, célèbre ville thermale d'Auvergne, pour le concert d'un excellent groupe de musique traditionnelle
irlandaise (pour les piliers de comptoirs de ce blog, ca ne devrait plus être une surprise...lol), nommé Sheltavoir le site
officiel du groupe.
Ce n'est pas un hasard dans la mesure ou les trois musiciens que vous avez pu voir aux côtés de mon père sur les photos
du concert de Foxy Devilvoir l'article "The Foxy Devil: l'après-concert" (John Delorme au violon, Fabien Guiloineau à la guitare et au bouzouki, et Guy Vesvre à l'accordéon
diatonique) sont également musiciens de Shelta, et que mon père s'occuppe de la sonorisation de leurs concerts (lorsqu'il n'est pas sur scène, il est ingénieur du son). Aux trois instrumentistes
pré-cités viennent s'ajouter Romain Chéré (flûtes irlandaises, mandoline, banjo, déjà mentionné sur ce blog à l'occasion du concert des Foxy, auquel il a participé sur certains morceaux), et
Tania Buisse au Bodhran voir l'article de mon mémoire sur la musique irlandaise:"Etude Pratique: les
instruments" (la percussion traditionnelle, cf les photos)
Entre Foxy Devil et Shelta, une seule différence: le type de pièces jouées. Quand les Foxy s'attardent plus longuement sur le
repertoire traditionnel de chants et de ballades, Shelta ne fait que de l'instrumental, musique donc principalement à danser, dans une qualité d'exécution et une justesse d'interprétation tout
à fait remarquables. Ca ne peut pas sonner plus irlandais. (Jean François, je pense que tu confirmeras...)
Comme pour le concert des Foxy, j'ai aidé mon père a monter (et à démonter! Humpf! ) le matériel, chose intéressante puisque j'en ai profité pour réellement apprendre de quelle manière se
montait (et se démontait...pffffff...) une sono de cette envergure, ce qui au passage n'est pas vraiment de la tarte! Entre les dizaines de câbles, les enceintes, les retours, les micros, les
caissons de sub, la table de mixage etc, c'est un chouette bazar à ne pas mettre entre toutes les mains...
Arrive alors le moment des balances. Le concert était en plein air, aussi les réglages se sont fait devant les passants flanant sur la place, bien remplie car le soleil montrait son nez pour la
première fois depuis une bonne quinzaine. Les gens se sont donc naturellement assis pour regarder, n'hésitant pas à applaudir après le solo de balance de chaque instrument, ainsi qu'après les
moments de jeu collectif ou l'on vérifie qu'un instru ne fait pas le malin en criant plus fort que les autres. Vu l'ambiance qu'il y avait déjà à cette heure là, je m'attendais à un public en
feu, et nombreux, au moment du concert. Et je ne m'étais pas trompée.
21 heures. Le concert commence devant une place noire de monde. Premier morceau, tonnerre d'applaudissements, le public n'hésitant pas à pousser ces fameux cris entonnés par les musiciens trad
lors des changements de tempo, de danse, ou lors de passage un peu plus techniques méritant d'être salués par les auditeurs. Nom de D***, ca chauffe à la Bourboule!
Troisième morceau, des gens se lèvent, dansent, démarrent une farandole, tournent et valsent devant la scène. Les enfants s'y mettent aussi, pour ne plus s'arrêter jusqu'à la fin (au risque de
nous faire tomber les enceintes, que mon père regardait d'un air plus qu'inquiet...).
Chaque musicien aura droit à son petit passage solo, afin de mettre en valeur son instrument, et le solo de Tania au Bodhran déclenche une ribambelle de cris et d'applaudissements. Il faut dire
qu'elle connait son domaine, la demoiselle, son solo était exceptionnel, explorant toutes les possibilités sonores de l'instruments, des plus graves aux plus aigues...effet garanti dans
le public qui lui a bien rendu!
Une heure trente plus tard, le concert s'achève sous les cris et les clap-clap-clap tonitruants du public, j'ai une banane d'enfer....Shelta a mis le feu à La Bourboule!
Ci dessous quelques photos prises pendant les balances et une petite vidéo prise avec mon appareil photo, (donc pas top qualité...) durant le concert. Malheureusement la carte mémoire
étant pleine un peu trop tot, il manque quelques secondes pour avoir la fin du morceau...Enjoy!
Hier, samedi soir, mon père et moi étions de sortie. Tout comme vendredi d'ailleurs.
De sortie pour un festival "rock et motos" à Evaux-Les-Bains, dans la Creuse. Le festival Route 996 Bon ben ça va! Pas la peine de
rigoler comme ça! Je vous avais prévenus, je suis en vacances à la cambrousse....
Et contre toute attente, il était plutot pas mal ce festival. Beaucoup de monde, bonne ambiance, des groupes sympas...jusqu'à cette soirée tragique du samedi 7 juillet ou tout a basculé. Au
programme hier soir: Gerry Carter, groupe se définissant comme "rock celtique". Et pour moi, dans ma tête de Djeun's, rock celtique = Matmatah et autres groupes
de qualités. Je m'en vais donc en me disant que je vais passer une bonne soirée.
Une demie heure plus tard je suis devant la scène, et déjà l'inquiétude m'envahit lorsque je vois un jeune homme, kilt et chaussettes hautes, violon bleu à la main, essayant désespérement de
faire sonner son violon sans pourtant y parvenir. Parce qu'il ne suffit pas de frotter les cordes hein. Encore faut il savoir mettre dans son geste un peu d'âme et de musicalité. Mais ca y est,
le concert va commencer.
"Alors, un peu de musique irlandaise ce soir?", qu'il nous crie dans le micro. Je regarde mon père. "Je crains le pire", me
dit-il. Ben oui, quand on connait le parcours irlandais de papa, on comprend bien qu'il abordera le concert en expert et que l'association musique "trad" et musique "rock" peut lui faire
dresser le poil...Mais en bon spectateur, il se tait et écoute. Malheureusement le carnage ne se fera pas attendre, et dès les premières notes je sais que ce concert sera une daube finie.
Passez moi l'expression.
En ouverture, ils ont joué un morceau instrumental traditionnel que nous connaissons bien, mon père et moi pour l'avoir joué: Farwell to Erin (d'ou le titre de mes articles publiés depuis
Dublin d'ailleurs). Bilan de ce primer morceau:
- Il manquait la moitié, si ce n'est les trois quarts des notes.
- Il manquait tous les accents dans les phrases musicales, catastrophe quand on sait que les accents sont l'âme de l'irish Music...
- Notre violoniste n'a apparemment pas compris qu'il ne suffit pas de montrer qu'on sait sauter très haut en même temps qu'on frotte les cordes pour être un bon musicien.
Je ne vais pas vous détailler tout le concert de la sorte, tant ce serait ennuyeux. Je dirai simplement qu'ils ont fait du raccolage, ne jouant que les morceaux connus de tous car maintes fois
repris dans différents genres musicaux. On notera d'ailleurs la bande originale de Titanic (si si, vous savez, quand ils dansent dans la cale du bateau, l'épisode des claquettes pied nus...),
qui aura fait danser tout le monde bien qu'il l'aie jouée de manière pitoyable...bref.
Mais le must du must, la crème de la crème, le clou du spectacle est sans nul doute le passage subtil de l'irish Music à la country. Parce que oui, tout à fait messieurs-dames, ces musiciens
exceptionnels savent même faire dans l'ouverture. Ils jouent de la country. Et quelle country...Il a fallu que l'on subisse le tube interplanétaire, le monument des fêtes d'écoles et des
mariages. Allez je ne dis pas le titre, je vous laisse écouter...