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Réflexions actuelles

Jeudi 3 avril 2008
Aujourd'hui, pour n'importe quel cerveau normal, une forêt est mille fois moins attrayante qu'Eurodisney ou que nimporte quel centre de loisirs avec ses problèmes de stationnement. Pour un cerveau dit normal, les chaises, aujourd'hui, sont plus alléchantes que les troncs d'arbres couchés. Et les gobelets en plastique attirent et séduisent plus que la rivière.

Et les lampes qui changent de couleur, pour créer des ambiances agréables, sont extraordinairement plus désirables qu'une étoile. Et les couleurs et les textures des carrelages dernier cri nous ennivrent comme jamais ne pourront y arriver la neige ou le sable du désert.

Et les panneaux lumineux nous conduisent la où nous voulons; bref, ils déterrent de nos coeurs l'idée d'être égarés. Et nous sommes émus face aux acteurs qui représentent des fictions, pour ne pas pénétrer nous-même dans des mondes inexplorés. Voilà pourquoi l'éclairage est soigné, pensé pour ne pas souligner les ombres dans les lieux publics.

J'ai claqué des doigts et personne ne s'est retourné. Alors je me suis dit que les oreilles ne pouvaient plus entendre ce genre de bruits: des claquements de doigts et de langue, des soupirs profonds, quelqu'un qui se gratte la tête et les mots ça suffit murmurés.

Rodrigo GARCIA

Et jetez mes cendres sur Mickey (éd. Les Solitaires Intempestifs, juin 2007)

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Vendredi 14 décembre 2007
Un sujet récurrent dans les médias, surtout depuis l'apparition sur nos petits et grands écrans des  "conseils santé"  à chaque diffusion d'une publicité concernant, de près ou de loin, l'alimentation: "Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour"..."Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas"..."Pour votre santé, ne mangez pas trop gras, trop sucré, trop salé"....etc etc. 

La société moderne  connait en effet une croissance constante des cas d'obésité, ce qui constitue pour beaucoup de scientifiques une véritable alerte sanitaire.  Les idées reçues font de l'obésité, de manière quasi-systématique, le résultat d'une hygiène de vie insuffisante,  conjuguant manque d'activité physique et habitudes alimentaires irraisonnées. Mais il ne faut pas oublier que l'obésité peut être congénitale: certains enfants naissent avec des terrains favorables à la prise de poids excessive, souvent dûe à un dysfonctionnement physiologique plutôt qu'à une alimentation non contrôlée.

Pour autant, et de plus en plus, ces cas sont minoritaires et l'obésité reste un phénomène plus éducatif qu'héréditaire....Tout ça pour dire que je viens de tomber sur un article alarmant qui révèle que l'obésité ne sera plus, dans les années à venir, qu'un mal à soigner mais un réel problème de santé publique qui pourrait avoir d'importantes répercussions. Reste à trouver les solutions pour éviter ça, et mon petit doigt me dit que ce n'est pas gagné...

"L’épidémie d’obésité parmi les adolescents américains pourrait se traduire par une hausse à deux chiffres du nombre de cas de maladies cardiaques d’ici 2035, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine. L’épidémie d’obésité constatée actuellement et liée au style de vie pourrait augurer une véritable crise de santé publique, à laquelle les médecins ne pourront faire face uniquement à l’aide de médicaments contre l’hypertension et le cholestérol, selon l’étude.

Le nombre de personnes souffrant de maladies cardiaques pourrait augmenter de 16 % d’ici 2035 aux Etats-Unis, soit 100.000 malades de plus, et le nombre de décès liés à ces maladies provoquées par l’obésité pourrait augmenter de 19 %, indique l’étude. "Les adolescents d’aujourd’hui seront les jeunes adultes de demain, des jeunes adultes qui devraient normalement travailler, élever leurs familles et ne pas se préoccuper de maladies de coeur avant d’être bien plus âgés", écrit Kirsten Bibbins-Domingo, épidémiologiste et bio-statisticienne à l’université de San Francisco (Californie, ouest).

Or, "notre étude montre qu’un plus grand nombre de ces jeunes adultes souffriront de maladies cardiaques à 30 ou 35 ans, ce qui aura pour conséquences un plus grand nombre d’hospitalisations, de procédures médicales, de besoins en matière de traitements pour des maladies chroniques, de congés maladie et une réduction de l’espérance de vie", poursuit-elle.

A l’aide d’une modélisation informatique, les chercheurs ont déterminé à partir du nombre d’enfants en surpoids en 2000 que jusqu’à 37 % des hommes et 44 % des femmes qui auront 35 ans en 2020 seront obèses. Environ 9 millions d’adolescents américains sont en surpoids, selon des statistiques au niveau national, et le taux d’obésité infantile a été multiplié par trois depuis les années 1970."

Un article issu de la newsletter hebdomadaire du site d'information www.tregouet.org. L'étude complète, en anglais, est disponible ici.


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Samedi 17 novembre 2007
Depuis les années 80 , avec les exigences de rentabilité et de dynamisme, les entreprises ont souvent mis à l'écart les travailleurs de plus de 50 ans ; un mouvement actuel tend à s'interroger sur le bien fondé de cette vision des seniors comme des "poids morts" pour l'entreprise, et, tout en admettant que leurs capacités sont différentes de leurs collègues plus jeunes, considère que leurs acquis professionnels sur le long terme peuvent être utiles ...

Si vous êtes dans un milieu professionnel, comment se répartit la pyramide des ages dans votre entreprise ?
Si vous êtes débutant, pensez vous que les collègues les plus anciens peuvent vous apporter de l'aide, des encouragements, ou au contraire paralyser votre enthousiasme par une vision passéiste de la boite ?
Si vous êtes dans les "anciens", comment vivez-vous l'arrivée de jeunes à vos cotés ?
Une bonne entente inter-générations est-elle possible ? Que peut-elle apporter à une entreprise ?
Et si vous ne travaillez pas encore, quel est votre point de vue sur la question pour votre future activité?


Un sujet débattu en ce moment sur le forum ISubway.

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Mardi 6 novembre 2007
Pour faire suite à l'article précédent, je tenais à mettre en valeur le commentaire qu'Hélène y a posté le 4 novembre:

Le monde va vite, avec les moyens médicaux que nous avons maintenant, il faut s'interroger sur l'éthique et la légalité;  ça devrait couler de source.

Mais tout d'abord : une femme ne pouvant pas avoir d'enfant devrait elle pouvoir en avoir de quelque manière que ce soit ?

et ensuite, faut il légaliser la pratique en question ? Je pense que oui, parce que de toutes manières, les personnes en mal d'enfant trouveront n'importe quelle solution pour répondre à  leur besoin (voir le pbm en ce moment avec les petits tchadiens) et que si on accorde des papiers aux étrangers il serait bon de se pencher sur ces cas isolés qui méritent encore plus d'avoir une existence légale, n'ayant rien demandé, ni à naître ni à venir en France après avoir été portés par une américaine. Je pense qu'il faut sérieusement se pencher sur le cas de ces personnes !

une femme ne pouvant pas avoir d'enfant devrait elle pouvoir en avoir de quelque manière que ce soit ? Cette question me semble intéressante. Effectivement, dans notre situation actuelle où la survie de l'espèce n'est pas en danger, peut-on "forcer" la nature en faisant de la maternité non plus un attribut naturel et inné mais un produit scientifiquement assisté?

A noter que cet article ne sert en rien à condamner ou à juger celles qui ont recours à la procréation assistée, bien au contraire. Je ne fais que soulever une question certes un peu épineuse mais, je crois, d'actualité.

A vos claviers... ;)



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Dimanche 4 novembre 2007

A la lumière de cet article, et à l'instar de l'euthanasie, on comprendra qu'il est urgent de relancer, au gouvernement, le débat sur les mères porteuses...

Lorsque la maîtresse a demandé d'où venaient les bébés, les élèves ont tous répondu en choeur : "Du ventre de leur maman." Tous, à l'exception de Léa, 6 ans, qui a raconté à la classe ébahie qu'elle avait grandi dans le ventre d'une autre femme que celui de sa mère, mais qu'elle n'avait pas été adoptée. "Elle a dit naturellement, avec ses mots à elle, qu'elle avait été conçue dans le cadre d'une gestation pour autrui (GPA), explique sa mère, qui souhaite garder l'anonymat. Nous lui avons toujours dit que nous étions allés aux Etats-Unis, que son père avait fourni les petites graines, et qu'une femme, Mary, les avait ensuite portées, elle et sa soeur jumelle. Elle la connaît, car nous sommes allés lui rendre visite aux Etats-Unis."

 

En 1998, le couple français, qui ne peut avoir d'enfants en raison d'une malformation congénitale de la mère, se rend en Californie pour entamer une procédure de "gestation pour autrui". Deux ans plus tard, la troisième fécondation in vitro aboutit : la "gestatrice", qui a déjà cinq enfants, est enceinte de jumelles. "La loi encadre très strictement chacune des étapes de ce processus, explique Mme B. Mary n'a pas été rémunérée, elle a simplement été défrayée pour les jours où elle ne travaillait pas. Au quatrième mois de grossesse, la Cour supérieure de Californie a rendu un jugement nous consacrant, avant même l'accouchement, "père et mère des enfants à naître"." Munis des actes de naissance américains, M. et Mme B. repartent en région parisienne avec les bébés.

 

LE SEUL COUPLE FRANÇAIS ASSIGNÉ EN FRANCE

 

Mais en France, la pratique des "mères porteuses" est interdite par la loi bioéthique de 1994. Depuis leur retour, les jumelles, comme tous les enfants nés par gestation pour autrui à l'étranger, vivent donc dans un no man's land juridique : au regard du droit français, elles n'ont aucun lien de filiation avec leurs parents. "Ce sont des sans-papiers, soupire leur mère. Nous ne sommes pas leurs parents officiels et nous n'avons pas l'autorité parentale. Pour les inscrire à l'école, il a fallu faire intervenir un avocat car elles ne figurent pas sur le livret de famille. Nous élevons deux enfants que la justice et la société ne veulent pas reconnaître comme les nôtres."

 

Les parents de Léa et Isa sont actuellement le seul couple français assigné devant la justice pour avoir eu recours à la gestation pour autrui. Saisi par le consulat général de France à Los Angeles, qui a refusé de transcrire les actes de naissance américains, le parquet de Créteil a ouvert, le 17 mai 2001, une information judiciaire pour "entremise en vue de la gestation pour le compte d'autrui" et "simulation ayant entraîné une atteinte à l'état civil d'enfants". Trois ans plus tard, le juge d'instruction a rendu un non-lieu. Le parquet a entre-temps assigné le couple pour demander l'annulation de la transcription des actes de naissance, mais cette demande a été jugée irrecevable en 2005. Le dossier est actuellement à la cour d'appel de Paris.

 

Nul ne sait combien de couples français ont eu recours à une gestation pour autrui à l'étranger, mais le tourisme procréatif est désormais à portée de main : la Belgique, la Grande-Bretagne, la Grèce, le Canada et les Etats-Unis ont légalisé la pratique des mères porteuses. "Entre 1995 et 2000, on observe une tendance à la généralisation de la gestation pour autrui dans de nombreux pays", constate Michael Handcock dans un rapport du Conseil de l'Europe.

 

NI INTERMÉDIAIRES RÉMUNÉRÉS, NI PUBLICITÉ

 

Dans ces pays, la GPA est très encadrée : la loi réserve cette pratique aux femmes ayant des problèmes médicaux avérés, elle fixe des limites d'âge pour la gestatrice et les parents intentionnels, et elle exige le consentement éclairé de tous. Les dossiers sont étudiés au cas par cas par une instance indépendante - un comité d'éthique en Grande-Bretagne, en Israël ou en Nouvelle-Zélande, une juridiction en Afrique du Sud et en Grèce -, qui est la seule à pouvoir délivrer une autorisation. La plupart des pays excluent toute rémunération, mais certaines législations prévoient le remboursement des dépenses médicales, voire une "compensation" correspondant aux contraintes liées à la grossesse. Les intermédiaires rémunérés et la publicité sont interdits.

 

Pour relancer le débat, les parents de Léa et Isa ont créé un comité de soutien qui propose l'"encadrement légal, médical et psychologique" de la gestation pour autrui, "seule réponse à de nombreuses formes d'infertilité, telles que les malformations utérines (congénitales ou consécutives à l'exposition au Distilbène), les conséquences des cancers de l'utérus."

 

Le comité d'experts réunit notamment la philosophe Elisabeth Badinter, les professeurs de médecine Israël Nisand et Bernard Paniel, la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval et le professeur de droit Géraud de la Pradelle. Le comité de soutien, qui vient d'ouvrir un site Internet (http ://claradoc.gpa.free.fr), compte contacter les milieux politiques, médicaux et universitaires. "Il faut bien sûr fixer des règles et réserver la GPA aux infertilités médicales avérées, explique la mère de Léa et Isa. Mais nous pensons que la société est prête à accepter ce débat."

 

Pour Israël Nisand, professeur de gynécologie obstétrique au centre hospitalier universitaire de Strasbourg, les réticences face à la gestation pour autrui "feront un jour sourire nos petits-enfants". "Si une femme n'a pas d'utérus, elle devrait pouvoir solliciter un comité d'experts afin d'obtenir l'autorisation d'entrer dans un programme de maternité pour autrui. Il faut simplement veiller, explique-t-il, à encadrer cette pratique en excluant les demandes illégitimes - les femmes âgées par exemple -, en vérifiant que le consentement de la femme à porter un enfant pour autrui n'est en aucune manière contraint, et en prévoyant une indemnisation financée par l'Etat afin d'éviter les transactions privées."

 

Anne Chemin

Article paru dans Le Monde.fr, édition du 01.11.06.


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