Mardi 16 janvier 2007
Dans le cadre de ma formation au CFMI de Poitiers, j'ai la chance de recevoir des cours de musique contemporaine (de la pratique essentiellement) dispensés par Philippe Nahon, chef d'orchestre du très célèbre ensemble de musique contemporaine Ars Nova .

(L'article qui suit est issu du site internet de l'ensemble, pour ceux qui auraient la flemme visiter le site et de lire tout ce qui s'y trouve ;) )
Philippe Nahon
est né en 1946 à Paris. Après des études d’art et de piano, encouragé par ses professeurs, il se dirige vers la direction d’orchestre. Il étudie avec Louis Fourestier, Jean-Sébastien Béreau, Pierre Dervaux, Roberto Benzi, suit un stage avec Herbert Von Karajan, le célèbre chef d'orchestre Allemand.
A vingt-huit ans il apprend que Marius Constant, qui a créé l'Ensemble Ars Nova, cherche un assistant. Commence alors une période d'enthousiasmantes découvertes de la création musicale contemporaine, du jazz et de l'improvisation, des happenings et du théâtre expérimental. Période au cours de laquelle il rencontre Peter Brook qui l'engagera définitivement sur la voie de l'exploration des infinies possibilités créatives qui peuvent s'inventer entre la musique d'aujourd'hui et le théâtre, la danse, le cirque...
Aujourd'hui, Philippe Nahon est le directeur musical de l'Ensemble Ars Nova. On ne compte plus les œuvres qu'il a créées avec les auteurs qu'il aime. Théâtre musical, opéra, mise en scène de concert, militant pour faire entrer le répertoire d'aujourd'hui dans les pratiques amateurs, il s'attache toujours à proposer la musique et le geste musical comme un acte théâtral.


Ars Nova , est constitué d'une équipe de 26 musiciens. Composé d'instrumentistes de talent, fidèles au projet artistique d'Ars Nova, c'est dans l'esprit du compagnonnage que ces musiciens se consacrent au répertoire du XXe siècle et à la création musicale, autour de Philippe Nahon (chef d'orchestre).

Cette formation s'attache à défendre les nouvelles tendances de la musique d'aujourd'hui. Elle est ouverte à toutes les pratiques musicales et artistiques de son époque, se veut le lieu de la rencontre, de l'échange, et construit ses projets en fonction d'un travail suivi avec les compositeurs. Ainsi des relations privilégiées se sont nouées avec Pascal Dusapin, Bernard Cavanna, Andy Emler, Georges Aperghis, Claude Barthélémy, Luc Ferrari, Jean-Pierre Drouet, Alexandros Markéas...

En dehors des concerts, proposant un programme équilibré de recherche et de découverte, l'un des objectifs d'Ars Nova est de réaliser des projets qui mettent en relation la musique et le théâtre, la danse, le spectacle vivant.

Régulièrement invité à se produire en France et à l'étranger, Ars Nova est en résidence dans la région Poitou-Charentes et à Poitiers (structure de création associée au Théâtre, Scène Nationale de Poitiers). Depuis 2000, une mission a été confiée à Ars Nova sur la région Nord-Pas de Calais. Il poursuit avec le milieu musical et culturel de ces régions une action de sensibilisation autour de la musique contemporaine avec les compositeurs qu'il invite et ses musiciens.

Les derniers disques enregistrés par Ars Nova, que ce soit celui consacré à la musique d'ensemble et Requiem's de Pascal Dusapin, ou Messe un jour ordinaire de Bernard Cavanna, ont été salués et récompensés par la critique. En 2004 L’Empreinte Digitale, label marseillais, édite deux CD : Collection, de Luc Ferrari et Dimotika, d’Alexandros Markeas. Dimotika a reçu au mois de janvier 2005 « Le Choc » du Monde de la Musique. D’autres CD sont en projet d’élaboration pour l’année 2005 autour de Luciano Berio et Sylvain Kassap.

Ars Nova bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Poitou-Charentes et DRAC Nord-Pas de Calais), du Conseil Régional Poitou-Charentes et Nord - Pas de Calais, de la Ville de Poitiers, et de la SACEM.
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Mardi 16 janvier 2007

In C est une œuvre composée en 1964. Elle est considérée comme étant la première œuvre du courant minimalisterépétitif.

In C présente un concept inédit : la partition est uniquement composée de 53 phrases musicales, ou riffs ; les musiciens doivent jouer chaque motif, et le répéter autant de fois qu'ils le veulent avant de passer au motif suivant, et il n'y a aucune contrainte sur le nombre minimal ou maximal de répétitions ! Ainsi, la partition de In C fait seulement deux pages, et les représentations de cette pièce musicale oscillent entre 30 minutes et 1h30 ! vous pouvez la consulter ici.

Terry Riley note cependant quelques conseils sur cette partition : les thèmes doivent être joués dans l'ordre, doivent être répétés un nombre suffisant de fois (une minute par thème équivaut à environ 1h de concert), et les musiciens ne doivent pas hésiter à s'arrêter de jouer pour écouter les autres, et doivent tirer au maximum profit de l'alchimie sonore qui s'opère entre les instruments, par exemple en restant sur un thème si une interaction avec un autre instrument s'opère. De plus, il est recommandé de ne pas prendre trop d'avance ou de retard par rapport aux autres.

La pièce peut être jouée par n'importe quel nombre d'instruments, bien qu'un groupe de 35 au moins soit préférable. Cependant, l'enregistrement original de la pièce ne comporte que 11 musiciens (mais on utilisa l'overdub pour rajouer des dizaines d'instruments), alors qu'une représentation au Walt Disney Concert Hall fut donnée par 124 musiciens !

La pièce a été composée en do majeur, d'où le titre, In C qui veut dire En do majeur en anglais. Il s'agit de la gamme la plus simple à jouer au piano. Tous les instruments peuvent jouer cette pièce ; Riley note que les synthétiseurs sont bienvenus, et que des chanteurs peuvent jouer cette pièce en utilisant les voyelles ou consonnes qu'ils veulent. Il arrive aussi bien souvent au cours d'une représentation que les musiciens échangent leurs instruments !

Bien souvent on utilise un musicien pour jouer la note "Do", doublée à l'octave, en une succession de croches ("traditionnellement joué par une jolie fille" note Riley sur sa partition...). Ainsi cela a fonction de métronome, et on s'y réfère comme étant la pulsation.

Dans une interview, Riley déclara : « En fait, le processus de composition d’In C fut très spontané, il s’est imposé à moi comme une sorte de vision. Ce n’était pas quelque chose que j’aurais essayé d’élaborer, un exercice intellectuel, mais une simple idée, à laquelle j’ai donné forme immédiatement... » 

Plusieurs versions de In C furent enregistrées :

  • State University Center of Creative and Performing Arts (1968), Sony 7178
  • Shanghai Film Orchestra conducted by Wang Yongji (1989), Celestial Harmonies 13026
  • In C / 25th Anniversary Concert (recorded 1990, released 1995), New Albion 71.
  • Bang on a Can (1998/2000), Cantaloupe 46243.
  • In C - Ictus live (2000), Cyprès 5601
  • Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. (2002), Squealer 37.


In C est reconnu pour avoir influencé beaucoup d'artistes de musique populaire : The Who (la chanson Baba O'Riley
sur l'album Who's Next), le Velvet Underground, Soft Machine (notamment dans le jeu claviériste Mike Ratledge), Gong (Daevid Allen a longtemps joué avec Terry Riley à Paris et le jeu de Tim Blake sur "You" l'évoque), et surtout de nombreux représentants du rock allemand des années 1970 dont les plus éminents sont Popol Vuh, Klaus Schulze et Tangerine Dream.

Par ailleurs, pour ce qui est de l'univers de la musique savante, dans sa composition The Dharma at Big Sur, le compositeur John Coolidge Adams rendit hommage à Riley avec une pulsation dans le second mouvement similaire à celle de In C.

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Lundi 15 janvier 2007

Terry Riley est un compositeur américain, né le 24 juin 1935 à Colfax, Californie.
Il est considéré comme un des fondateurs de la musique minimaliste et répétitive. Son œuvre la plus marquante est sans conteste In C ("en do majeur"), crée en 1964, aujourd'hui pièce maîtresse de la musique américaine et une des œuvres fondatrices du mouvement minimaliste dans la musique contemporaine. Terry Riley décrit ainsi le morceau : "tous les interprètes jouent la même partition de 53 motifs à répéter (...). Chaque interprète a la liberté de choisir le nombre de répétitions avant qu'il ne passe au motif suivant. Aucune règle ne fixe le nombre de répétitions".
On ne peut réduire le travail de Riley à cette unique pièce, il a également composé, entre autres :
- Music for the Gift
(1963) : il accompagne le trompettiste de jazz Chet Baker d'une superposition de sons sur bandes magnétiques.
- Poppy No Good and The Phantom Band
(1967) : pièce pour saxophone, orgue et dispositif à bande magnétique.
- Church of Anthrax
(1970) en compagnie de l'ancien chanteur du Velvet Underground John Cale.
- Persian Surgery Dervishes
(1972) : il joue sur la durée, inspiré par les cérémonies soufis, cherchant à mener son auditoire à une extase mystique.
Terry Riley a également composé des musiques de film et des œuvres pour piano. On peut également noter qu'à l'instar de nombreux compositeurs de sa génération (La Monte Young, Charlemagne Palestine, Steve Reich... ), il s'est grandement intéressé aux musiques traditionnelles et a été le disciple de Pandit Prân Nath, maître du Kirana, style de râga indien.


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Lundi 15 janvier 2007


John Cage est né en 1912 à Los Angeles.

Par le simple rejet de l'intentionnalité jugée si nécessaire à la composition, John Cage a su changer la nature de la musique telle qu'elle est perçue habituellement. En acceptant les résultats des opérations aléatoires, en admettant la possibilité d'une indétermination au niveau de la composition et des concerts, et en ouvrant sa musique à tous les types d'instruments. L'ensemble de ses oeuvres est d'une variété remarquable, par la seule liberté qui s'en dégage, son art témoigne d'une personnalité à part : à la fois candide, ouverte, et d'un naturel heureux.

Cowell à New York puis avec Schoenberg en Californie. C'est du reste de cette époque que datent ses premières compositions, véritables essais sur la dodécaphonie non sérielle. En 1937, il s'installe à Seattle où il forme un orchestre de percussions, avant d'en monter d'autres à San Francisco, à Chicago et à New York (où il réside à partir de 1942).

Par le matériel nécessaire à la réalisation de ses premières oeuvres, on distingue déjà la volonté de John Cage d'accepter tout ce qui semble peu orthodoxe : c'est ainsi que l'on peut trouver des boîtes de conserve dans son instrumentarium ; ou encore des dispositifs électriques utilisés pour la première fois dans des oeuvres composées.

Autre innovation encore, qui fera sa gloire, celle du piano préparé, qui transforme cet instrument en un véritable orchestre miniature de percussions. C'est la principale invention de John Cage au cours des années 40, qu'il emploie dans des partitions pour ballets (il travaille souvent en collaboration avec des compagnies de danse, notamment avec celle de Merce Cunningham), et dans grand nombres d'oeuvres de musique de chambre comme les Sonates et Interludes.

Son enthousiasme pour les philosophies asiatiques le conduit à la fin des années 40, à une étude très approfondie du Zen. Cela le conduit ensuite à nier l'intentionnalité dans l'acte créateur : il recourt au I Ching, donc au hasard, pour décider des hauteurs, des durées et de la dynamique de ses Music of Changes pour piano (1951). Il utilise encore des sons inaudibles dans Imaginary Landscape n°4 (1951), ou compose une pièce entièrement silencieuse mais exactement mesurée : 4' 33» (1952).

Cette pratique radicale de l'aléatoire, niant l'idée même d'une décision de l'artiste, est totalement différente de ce que faisaient à la même époque les compositeurs européens comme Boulez dans sa Troisième Sonate, ou Stockhausen dans le Klavierstück XI : ils proposaient des parcours variables dans une oeuvre dont l'enveloppe globale était néanmoins décidée par le compositeur. Il ne s'agissait que d'augmenter la liberté de l'interprète, pas de renoncer à ses prérogatives de créateur.

C'est pourtant la position de Cage vis-à-vis du hasard, qui a eu, sur un plan plus philosophique que musical, la plus grande influence, aussi bien en Amérique (sur l'oeuvre de Feldmann ou de Wolff), qu'en Europe. La porte s'ouvre alors sur un vaste champ d'opérations aléatoires, réunies dans cette oeuvre maîtresse de l'indéterminisme qu'est Concerto pour piano et orchestre (1957-1958).

Pendant les années 60, il s'intéresse davantage à l'électronique live, surtout avec Cartridge Music pour les sons faibles amplifiés, et Variations. Il choisit également de se consacrer davantage au mixed media, en utilisant sept clavecins amplifiés, de multiples bandes enregistrées et des effets de lumière spéciaux dans HPSCHD. Dans ses oeuvres ultérieures, il s'inspire de toutes ses expériences, en passant de la composition aléatoire avec méthode d'écriture conventionnelle (Etudes australes, pour piano, Chorals, pour violon) à la notation graphique pour orchestre (Renga) et des expériences sur la description verbale avec des instruments naturels (Branche, pour instruments naturels amplifiés, Inlets, pour des coquillages remplis d'eau).

Toute l'évolution de son expression montre que John Cage est plus un créateur dans le sens large qu'un compositeur traditionnel. Son but était de refuser toute idée d'intentionnalité dans l'art pour favoriser la notion de liberté. «Etre artiste, disait John Cage, c'est d'être engagé par soi-même, et non par quelqu'un d'autre».

John Cage est mort à New York, le 12 août 1992.
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Lundi 15 janvier 2007
Né à Baltimore le 31 janvier 1937, Philip Glass découvre la musique dans l'atelier de réparation de radio de son père, Ben Glass. Ce dernier possédait aussi un rayon de disques et quand certains d'entres eux se vendaient mal, il les ramenait chez lui et les faisait écouter à ses enfants pour essayer de comprendre pourquoi ils n'attiraient pas les clients. Il se trouve qu'il s'agissait de grandes oeuvres de musique de chambre, et le futur compositeur se familiarisa très vite avec les quatuors de Beethoven, les sonates de Schubert, les symphonies de Chostakovitch et autres musiques alors considérées comme «originales». Ce n'est qu'à la fin de l'adolescence que Glass découvre des classiques plus «conventionnels».
Il commence le violon à l'âge de six ans mais s'intéresse vraiment à la musique en apprenant la flûte à huit ans. Cependant, à quinze ans, il se lasse du répertoire trop restreint de la flûte et de la vie musicale du Baltimore d'après-guerre. Durant sa deuxième année de collège, il s'inscrit à l'Université de Chicago, y est admis, et encouragé par ses parents, il s'installe à Chicago, subvenant à ses besoins grâce à des petits boulots. Il prépare une licence de mathématiques et de philosophie et consacre son temps libre au piano ainsi qu'à des compositeurs tels Ives et Webern.
A dix-neuf ans, Glass est diplômé de l'Université de Chicago, bien déterminé à devenir compositeur. Il va à New York suivre les cours de la Juilliard School. Il avait alors abandonné le dodécaphonisme qu'il avait utilisé à Chicago, lui préférant des compositeurs américains tels Aaron Copland et William Schuman.
Dès l'âge de vingt-trois ans, Glass avait suivi les cours de Vincent Persichetti, Darius Milhaud et William Bergsma. Au sérialisme il préférait les compositeurs non-conformistes Harry Partch, Charles Ives, Moondog, Henry Cowell et Virgil Thomson, mais n'avait pas encore trouvé sa voix propre. Toujours en quête, il entreprend deux ans d'études intensives à Paris sous la direction de Nadia Boulanger.
A Paris, un réalisateur l'engage pour transcrire la musique de Ravi Shankar de manière à la rendre lisible par des musiciens français. Au cours de cette expérience, il découvre les techniques de la musique indienne. Après des recherches en Afrique du nord, en Inde et dans l'Himalaya, il retourne à New York et commence à appliquer les techniques orientales à sa propre musique.
En 1974, Philip Glass a déjà composé un grand nombre d'oeuvres, non seulement pour la compagnie théâtrale Mabou Mines (dont il est l'un des co-fondateurs), mais aussi et surtout pour son propre ensemble, le Philip Glass Ensemble. Cette époque culmine avec Music in 12 Parts et atteint son apogée en 1976 avec l'opéra Einstein on the Beach (en collaboration avec Robert Wilson), épopée de 4 heures et demie, considérée aujourd'hui comme un des événements marquants du théâtre musical du XXe siècle. Depuis Einstein on the Beach, les compositions de Glass vont de l'opéra (Satyagraha, Akhnaten, The Making of the Representative for Planet 8, The Fall of the House of Usher, The Juniper Tree, Hydrogen Jukebox) aux musiques de films (Koyaanisqatsi, Mishima, The Thin Blue Line, Powaqqatsi, A Brief History of Time, Candyman) en passant par la danse (A Descent into the Maelstrom, In the Upper Room) et des pièces pour le théâtre aussi inclassables que The Photographer, 1000 Airplanes on the Roof et The Mysteries and What's so Funny ?.
Il vient d'achever Itaipu, oeuvre de grande envergure pour choeur et orchestre ; Low Symphony, basée sur l'album de David Bowie Low ; la Symphonie No 2, commande du Brooklyn Philharmonic ; l'opéra The Voyage ; la Symphonie No 3, commande pour l'Orchestre de Chambre de Stuttgart ; The Witches of Venice, ballet de Beni Motressor et commande du Teatro alla Scala ; et deux opéras d'après les films de Jean Cocteau, Orphée et La Belle et la Bête. Trois collaborations avec Robert Wilson sont en projet : White Raven, opéra commandé par le Portugal pour commémorer son histoire des découvertes ; Monsters of Grace, pièce pour théâtre musical avec le Philip Glass Ensemble et TSE. La dernière partie de la trilogie de Cocteau, pièce pour théâtre chorégraphique d'après Les Enfants Terribles, créée en mai 1996 et The Heroes Symphony, d'après Heroes de David Bowie, sont sorties chez Point Music.
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