Hier, samedi soir, mon père et moi étions de sortie. Tout comme vendredi d'ailleurs.
De sortie pour un festival "rock et motos" à Evaux-Les-Bains, dans la Creuse. Le festival Route 996 Bon ben ça va! Pas la peine de
rigoler comme ça! Je vous avais prévenus, je suis en vacances à la cambrousse....
Et contre toute attente, il était plutot pas mal ce festival. Beaucoup de monde, bonne ambiance, des groupes sympas...jusqu'à cette soirée tragique du samedi 7 juillet ou tout a basculé. Au
programme hier soir: Gerry Carter, groupe se définissant comme "rock celtique". Et pour moi, dans ma tête de Djeun's, rock celtique = Matmatah et autres groupes
de qualités. Je m'en vais donc en me disant que je vais passer une bonne soirée.
Une demie heure plus tard je suis devant la scène, et déjà l'inquiétude m'envahit lorsque je vois un jeune homme, kilt et chaussettes hautes, violon bleu à la main, essayant désespérement de
faire sonner son violon sans pourtant y parvenir. Parce qu'il ne suffit pas de frotter les cordes hein. Encore faut il savoir mettre dans son geste un peu d'âme et de musicalité. Mais ca y est,
le concert va commencer.
"Alors, un peu de musique irlandaise ce soir?", qu'il nous crie dans le micro. Je regarde mon père. "Je crains le pire", me
dit-il. Ben oui, quand on connait le parcours irlandais de papa, on comprend bien qu'il abordera le concert en expert et que l'association musique "trad" et musique "rock" peut lui faire
dresser le poil...Mais en bon spectateur, il se tait et écoute. Malheureusement le carnage ne se fera pas attendre, et dès les premières notes je sais que ce concert sera une daube finie.
Passez moi l'expression.
En ouverture, ils ont joué un morceau instrumental traditionnel que nous connaissons bien, mon père et moi pour l'avoir joué: Farwell to Erin (d'ou le titre de mes articles publiés depuis
Dublin d'ailleurs). Bilan de ce primer morceau:
- Il manquait la moitié, si ce n'est les trois quarts des notes.
- Il manquait tous les accents dans les phrases musicales, catastrophe quand on sait que les accents sont l'âme de l'irish Music...
- Notre violoniste n'a apparemment pas compris qu'il ne suffit pas de montrer qu'on sait sauter très haut en même temps qu'on frotte les cordes pour être un bon musicien.
Je ne vais pas vous détailler tout le concert de la sorte, tant ce serait ennuyeux. Je dirai simplement qu'ils ont fait du raccolage, ne jouant que les morceaux connus de tous car maintes fois
repris dans différents genres musicaux. On notera d'ailleurs la bande originale de Titanic (si si, vous savez, quand ils dansent dans la cale du bateau, l'épisode des claquettes pied nus...),
qui aura fait danser tout le monde bien qu'il l'aie jouée de manière pitoyable...bref.
Mais le must du must, la crème de la crème, le clou du spectacle est sans nul doute le passage subtil de l'irish Music à la country. Parce que oui, tout à fait messieurs-dames, ces musiciens
exceptionnels savent même faire dans l'ouverture. Ils jouent de la country. Et quelle country...Il a fallu que l'on subisse le tube interplanétaire, le monument des fêtes d'écoles et des
mariages. Allez je ne dis pas le titre, je vous laisse écouter...