Dimanche 25 novembre 2007

Au XIXe siècle, dans un petit village d'Europe de l'est, Victor, un jeune homme, découvre le monde de l'au-delà après avoir épousé, sans le vouloir, le cadavre d'une mystérieuse mariée. Pendant son voyage, sa promise, Victoria l'attend désespérément dans le monde des vivants. Ce film de Tim Burton n’a rien de nouveau. Mais j’ai remarqué, en le regardant il y a quelques jours et pour la 5ème fois, un détail qui avait sauté aux yeux de beaucoup mais qui n’avait apparemment pas frappé les miens. Et pourtant, on ne voit que ça, après réflexion. Les couleurs.


  

A gauche, le monde des morts. A droite, celui des vivants. Durant tout le film, les personnages voyagent d'un monde à l'autre, des couleurs à la grisaille. Qu'a donc voulu nous dire Tim Burton? Le monde des vivants est gris, terne, froid. Les gens y sont odieux, méchants, avides et méprisants. Les morts eux, vivent dans un univers fait de joie et de brillance. Couleurs, musique, festivités, partage. La joie est le maître mot de l'au delà.
Plus qu'une simple analyse de la société actuelle, le procédé est audacieux. Représenter la mort comme on décrit la vie, et inversement. Dédramatiser la disparition et faire de la mort un monde meilleur que celui qui nous abrite...

Je ne sais pas pourquoi je n'avais pas remarqué cela plus tôt. Mais ce qui est certain, c'est que désormais, je ne regarde plus ce film de la même manière. Il est porteur d'un message. Reste à avoir lequel...
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Samedi 17 novembre 2007
Depuis les années 80 , avec les exigences de rentabilité et de dynamisme, les entreprises ont souvent mis à l'écart les travailleurs de plus de 50 ans ; un mouvement actuel tend à s'interroger sur le bien fondé de cette vision des seniors comme des "poids morts" pour l'entreprise, et, tout en admettant que leurs capacités sont différentes de leurs collègues plus jeunes, considère que leurs acquis professionnels sur le long terme peuvent être utiles ...

Si vous êtes dans un milieu professionnel, comment se répartit la pyramide des ages dans votre entreprise ?
Si vous êtes débutant, pensez vous que les collègues les plus anciens peuvent vous apporter de l'aide, des encouragements, ou au contraire paralyser votre enthousiasme par une vision passéiste de la boite ?
Si vous êtes dans les "anciens", comment vivez-vous l'arrivée de jeunes à vos cotés ?
Une bonne entente inter-générations est-elle possible ? Que peut-elle apporter à une entreprise ?
Et si vous ne travaillez pas encore, quel est votre point de vue sur la question pour votre future activité?


Un sujet débattu en ce moment sur le forum ISubway.
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Mardi 6 novembre 2007
Pour faire suite à l'article précédent, je tenais à mettre en valeur le commentaire qu'Hélène y a posté le 4 novembre:

Le monde va vite, avec les moyens médicaux que nous avons maintenant, il faut s'interroger sur l'éthique et la légalité;  ça devrait couler de source.

Mais tout d'abord : une femme ne pouvant pas avoir d'enfant devrait elle pouvoir en avoir de quelque manière que ce soit ?

et ensuite, faut il légaliser la pratique en question ? Je pense que oui, parce que de toutes manières, les personnes en mal d'enfant trouveront n'importe quelle solution pour répondre à  leur besoin (voir le pbm en ce moment avec les petits tchadiens) et que si on accorde des papiers aux étrangers il serait bon de se pencher sur ces cas isolés qui méritent encore plus d'avoir une existence légale, n'ayant rien demandé, ni à naître ni à venir en France après avoir été portés par une américaine. Je pense qu'il faut sérieusement se pencher sur le cas de ces personnes !

une femme ne pouvant pas avoir d'enfant devrait elle pouvoir en avoir de quelque manière que ce soit ? Cette question me semble intéressante. Effectivement, dans notre situation actuelle où la survie de l'espèce n'est pas en danger, peut-on "forcer" la nature en faisant de la maternité non plus un attribut naturel et inné mais un produit scientifiquement assisté?

A noter que cet article ne sert en rien à condamner ou à juger celles qui ont recours à la procréation assistée, bien au contraire. Je ne fais que soulever une question certes un peu épineuse mais, je crois, d'actualité.

A vos claviers... ;)


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Dimanche 4 novembre 2007

A la lumière de cet article, et à l'instar de l'euthanasie, on comprendra qu'il est urgent de relancer, au gouvernement, le débat sur les mères porteuses...

Lorsque la maîtresse a demandé d'où venaient les bébés, les élèves ont tous répondu en choeur : "Du ventre de leur maman." Tous, à l'exception de Léa, 6 ans, qui a raconté à la classe ébahie qu'elle avait grandi dans le ventre d'une autre femme que celui de sa mère, mais qu'elle n'avait pas été adoptée. "Elle a dit naturellement, avec ses mots à elle, qu'elle avait été conçue dans le cadre d'une gestation pour autrui (GPA), explique sa mère, qui souhaite garder l'anonymat. Nous lui avons toujours dit que nous étions allés aux Etats-Unis, que son père avait fourni les petites graines, et qu'une femme, Mary, les avait ensuite portées, elle et sa soeur jumelle. Elle la connaît, car nous sommes allés lui rendre visite aux Etats-Unis."

 

En 1998, le couple français, qui ne peut avoir d'enfants en raison d'une malformation congénitale de la mère, se rend en Californie pour entamer une procédure de "gestation pour autrui". Deux ans plus tard, la troisième fécondation in vitro aboutit : la "gestatrice", qui a déjà cinq enfants, est enceinte de jumelles. "La loi encadre très strictement chacune des étapes de ce processus, explique Mme B. Mary n'a pas été rémunérée, elle a simplement été défrayée pour les jours où elle ne travaillait pas. Au quatrième mois de grossesse, la Cour supérieure de Californie a rendu un jugement nous consacrant, avant même l'accouchement, "père et mère des enfants à naître"." Munis des actes de naissance américains, M. et Mme B. repartent en région parisienne avec les bébés.

 

LE SEUL COUPLE FRANÇAIS ASSIGNÉ EN FRANCE

 

Mais en France, la pratique des "mères porteuses" est interdite par la loi bioéthique de 1994. Depuis leur retour, les jumelles, comme tous les enfants nés par gestation pour autrui à l'étranger, vivent donc dans un no man's land juridique : au regard du droit français, elles n'ont aucun lien de filiation avec leurs parents. "Ce sont des sans-papiers, soupire leur mère. Nous ne sommes pas leurs parents officiels et nous n'avons pas l'autorité parentale. Pour les inscrire à l'école, il a fallu faire intervenir un avocat car elles ne figurent pas sur le livret de famille. Nous élevons deux enfants que la justice et la société ne veulent pas reconnaître comme les nôtres."

 

Les parents de Léa et Isa sont actuellement le seul couple français assigné devant la justice pour avoir eu recours à la gestation pour autrui. Saisi par le consulat général de France à Los Angeles, qui a refusé de transcrire les actes de naissance américains, le parquet de Créteil a ouvert, le 17 mai 2001, une information judiciaire pour "entremise en vue de la gestation pour le compte d'autrui" et "simulation ayant entraîné une atteinte à l'état civil d'enfants". Trois ans plus tard, le juge d'instruction a rendu un non-lieu. Le parquet a entre-temps assigné le couple pour demander l'annulation de la transcription des actes de naissance, mais cette demande a été jugée irrecevable en 2005. Le dossier est actuellement à la cour d'appel de Paris.

 

Nul ne sait combien de couples français ont eu recours à une gestation pour autrui à l'étranger, mais le tourisme procréatif est désormais à portée de main : la Belgique, la Grande-Bretagne, la Grèce, le Canada et les Etats-Unis ont légalisé la pratique des mères porteuses. "Entre 1995 et 2000, on observe une tendance à la généralisation de la gestation pour autrui dans de nombreux pays", constate Michael Handcock dans un rapport du Conseil de l'Europe.

 

NI INTERMÉDIAIRES RÉMUNÉRÉS, NI PUBLICITÉ

 

Dans ces pays, la GPA est très encadrée : la loi réserve cette pratique aux femmes ayant des problèmes médicaux avérés, elle fixe des limites d'âge pour la gestatrice et les parents intentionnels, et elle exige le consentement éclairé de tous. Les dossiers sont étudiés au cas par cas par une instance indépendante - un comité d'éthique en Grande-Bretagne, en Israël ou en Nouvelle-Zélande, une juridiction en Afrique du Sud et en Grèce -, qui est la seule à pouvoir délivrer une autorisation. La plupart des pays excluent toute rémunération, mais certaines législations prévoient le remboursement des dépenses médicales, voire une "compensation" correspondant aux contraintes liées à la grossesse. Les intermédiaires rémunérés et la publicité sont interdits.

 

Pour relancer le débat, les parents de Léa et Isa ont créé un comité de soutien qui propose l'"encadrement légal, médical et psychologique" de la gestation pour autrui, "seule réponse à de nombreuses formes d'infertilité, telles que les malformations utérines (congénitales ou consécutives à l'exposition au Distilbène), les conséquences des cancers de l'utérus."

 

Le comité d'experts réunit notamment la philosophe Elisabeth Badinter, les professeurs de médecine Israël Nisand et Bernard Paniel, la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval et le professeur de droit Géraud de la Pradelle. Le comité de soutien, qui vient d'ouvrir un site Internet (http ://claradoc.gpa.free.fr), compte contacter les milieux politiques, médicaux et universitaires. "Il faut bien sûr fixer des règles et réserver la GPA aux infertilités médicales avérées, explique la mère de Léa et Isa. Mais nous pensons que la société est prête à accepter ce débat."

 

Pour Israël Nisand, professeur de gynécologie obstétrique au centre hospitalier universitaire de Strasbourg, les réticences face à la gestation pour autrui "feront un jour sourire nos petits-enfants". "Si une femme n'a pas d'utérus, elle devrait pouvoir solliciter un comité d'experts afin d'obtenir l'autorisation d'entrer dans un programme de maternité pour autrui. Il faut simplement veiller, explique-t-il, à encadrer cette pratique en excluant les demandes illégitimes - les femmes âgées par exemple -, en vérifiant que le consentement de la femme à porter un enfant pour autrui n'est en aucune manière contraint, et en prévoyant une indemnisation financée par l'Etat afin d'éviter les transactions privées."

 

Anne Chemin

Article paru dans Le Monde.fr, édition du 01.11.06.

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Samedi 3 novembre 2007

Les Français sont en train de se poser la question de savoir s’ils ne devraient pas imprimer sur les paquets de cigarettes (dont le prix vient d’ailleurs d’augmenter considérablement) la photo d’un fumeur atteint du cancer du même nom ainsi que la mention 'Le tabac tue'. L’effet sera-t-il suffisamment dissuasif pour décourager les futurs consommateurs ou faire baisser la fréquence d’inhalation des adeptes de Jean Nicot (1530-1600).

 

L’idée n’est pas bête et pourrait faire des petits. On ferait imprimer sur les sachets de bonbons des photographies de dents gâtées et sur les étiquettes des bouteilles de bière ou de whisky des clichés d’accidentés de la route perdant leurs derniers litres de sang dans le bas fossé.

 

Sur chaque emballage plastique, chaque canette, chaque bouteille d’eau minérale, une vue de décharge publique où s’entassent pour les siècles des siècles les rebuts de notre société d’hyper consommation.

 

Sur nos T-shirts, casquettes et chaussures de sport, on verrait le portrait des enfants esclaves qui, dans des caves obscures quelque part en Asie pour quelques centimes d’euro, cousent de leurs petits doigts les Vêtements que nous porterons seulement quelques fois avant de les bazarder parce que le coloris ne sera plus de saison.

 

Il faudrait aussi apposer sur chaque litre d’essence l’image d’une mouette mazoutée et sur chaque baril de pétrole, celle des terres inondées par les océans qui vont bientôt déborder suite au réchauffement de la planète ou celle de populations martyrisées par des guerres dont le seul but est de préserver l’approvisionnement d’or noir des pays les plus riches et les plus égoïstes du monde.

 

Excusez-moi, je m’énerve.

Au fond, la meilleure solution serait peut-être, tout simplement, de faire imprimer sur les billets de banque cette mention : "Peut nuire gravement à l’humanité".

 

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