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Texte Libre

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Vendredi 11 avril 2008
Ptitepianiste a posté avant-hier, en commentaire, la question suivante:

"n'est ce pas vrai qu'on est réellement célèbre qu'après sa mort ? même quelqu'un de trés celebre lors de son vivant n'est -il pas encore plus célèbre aprés sa mort ?"

Merci Ptitepianiste pour cette question fortement intéressante, qui m'a fait fortement réfléchir! Je vais essayer avec ce qui suit de te donner mon avis sur le sujet, en précisant que ce que j'écris n'engage que moi. Tout ceci est totalement subjectif et hautement ouvert à la critique, que je vous souhaite agréable et virulente! Alors à vos claviers ;) 

Si l'on prend l'exemple de la peinture, nombre de peintres n'ont en effet connu le succès qu'après leur mort, et même de nombreuses années plus tard. Bien souvent parce que leur art était encore, de leur vivant, inaccessible à la compréhension d'une majeure partie de la société. Beaucoup furent considérés comme des artistes ratés ou inintéressants jusqu'à ce que le courant de pensée ou le principe qu'ils rejoignaient (ou créaient, selon les cas) se développe réellement et fasse ainsi la lumière sur leur oeuvre, qui était alors souvent reconnue comme une expression artistique exceptionnelle et incontournable dans l'histoire de l'art.. Ils avaient malheureusement largement le temps de mourir entre temps.

En musique, si on prend le cas de Mozart, il y a de quoi s'interroger...le pauvre est mort dans l'indifférence la plus totale, enterré dans une fosse commune, très loin des honneurs qu'il aurait mérité. Aujourd'hui, on le considère comme l'un des plus grand génies artistiques de tous les temps. Idem pour Bach, mort dans une misère atroce, et combien d'autres encore?

Mais tous ces personnages ont été reconnus après leur mort pour leur réel talent, c'est un moindre mal. Malheureusement aujourd'hui, la renommée post-mortem relève plutôt du chiffre d'affaire potentiel que du réel talent, du moins dans un grand nombre de cas et principalement lorsque l'on parle d'artistes actuels dont la renommée "de leur vivant" fut relativement éphémère...

Certains hurleront peut être au scandale quand ils liront ce qui va suivre, mais Grégory Lemarchal en est un exemple frappant. Il vend des disques non pas pour son oeuvre musicale mais pour l'impact que sa mort a eu sur l'opinion publique. On en fait un mythe, sa maison de disque parle d'un des meilleurs chanteurs du moment etc, mais au final on se trouve bel et bien dans l'exploitation marketing d'une noble cause. Et dans quelques années, lorsque la fièvre sera retombée, la cause restera (et heureusement!), tandis que son oeuvre en tant qu'artiste aura certainement disparu, ou tout au plus ne laissera-t-elle de trace que dans l'esprit de ceux qui auront connu ses heures de gloire. Désolée si je choque mes lecteurs mais je le pense, quitte à me montrer intolérante aux yeux de certains. 

Mais attention, qu'on ne me prête pas des paroles que je n'ai pas prononcées. Je ne remets absolument pas en cause le combat de sa famille, de l'association qu'ils ont créée, ni quoi que ce soit d'autre en rapport avec sa maladie. Il est de notoriété publique qu'une cause portée par une célébrité a beaucoup plus de chance de remporter la bataille, et je ne le condamne pas, bien au contraire. Ce que je dis, simplement, c'est qu'il ne faut pas tout mélanger. 

Parce qu'à mon sens, la vraie célébrité, la vraie reconnaissance, n'est pas celle qui suit directement la disparition de l'artiste. C'est celle qui dure, génération après génération. C'est celle qui fait qu'aujourd'hui encore, tout le monde connait Georges Brassens, les Beattles et Michel Berger, et que dans des années tout le monde connaîtra encore Claude Nougaro, Serge Gainsbourg ou Léo Ferré. 

Après, moi, c'que j'en dis...
publié dans : Réflexions personnelles communauté : L'Avis des Eclectiques
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Jeudi 3 avril 2008
Aujourd'hui, pour n'importe quel cerveau normal, une forêt est mille fois moins attrayante qu'Eurodisney ou que nimporte quel centre de loisirs avec ses problèmes de stationnement. Pour un cerveau dit normal, les chaises, aujourd'hui, sont plus alléchantes que les troncs d'arbres couchés. Et les gobelets en plastique attirent et séduisent plus que la rivière.

Et les lampes qui changent de couleur, pour créer des ambiances agréables, sont extraordinairement plus désirables qu'une étoile. Et les couleurs et les textures des carrelages dernier cri nous ennivrent comme jamais ne pourront y arriver la neige ou le sable du désert.

Et les panneaux lumineux nous conduisent la où nous voulons; bref, ils déterrent de nos coeurs l'idée d'être égarés. Et nous sommes émus face aux acteurs qui représentent des fictions, pour ne pas pénétrer nous-même dans des mondes inexplorés. Voilà pourquoi l'éclairage est soigné, pensé pour ne pas souligner les ombres dans les lieux publics.

J'ai claqué des doigts et personne ne s'est retourné. Alors je me suis dit que les oreilles ne pouvaient plus entendre ce genre de bruits: des claquements de doigts et de langue, des soupirs profonds, quelqu'un qui se gratte la tête et les mots ça suffit murmurés.

Rodrigo GARCIA

Et jetez mes cendres sur Mickey (éd. Les Solitaires Intempestifs, juin 2007)
publié dans : Réflexions actuelles communauté : L'Avis des Eclectiques
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Mercredi 2 avril 2008
Certaines rencontres transforment votre existence. Un jour, une semaine, un an...le temps importe peu. Seule compte la force de ces rencontres, leur richesse humaine, culturelle, émotionnelle.

C'est dans cet esprit que le CFMI nous a emmené en Pays Basque. Pour faire de la rencontre de l'Autre un moment unique de partage, de découverte, de réflexion, de remise en question, d'introspection.

Qu'est ce que la musique? A partir de quel moment suis-je musicienne? Et finalement, le suis-je vraiment?
Comment ma créativité et mon expression artistique résonnent-elles dans ma mise en "jeu", mais également dans ma mise en "je"?

Qui suis-je vraiment? Et les racines, c'est quoi? L'encrage sur un territoire est-il vraiment indispensable pour se sentir issu de "quelque part"? Comment se forgent les repères identitaires? Et pourquoi certains luttent-ils pour la survie d'une culture quand d'autres ne pensent qu'à l'éliminer sous pretexte d'unité?

Et moi dans tout ça? D'où suis-je réellement issue? Qui suis-je, pour moi mais aussi pour les autres?

Autant de questions soulevées lors de ce voyage d'étude. Autant de réflexions parfois douloureuses. Car il n'est pas forcemment facile de sonder son "moi" intérieur et profond à la recherche des vraies réponses.

Il n'est pas de voyage qui n'ouvre pas les yeux de celui qui découvre. Il n'est pas de rencontre qui n'interroge pas celui qui écoute. Il n'est pas d'humanité sans échange, partage, et curiosité...

Bientôt en ligne, le carnet de voyage d'un séjour pas comme les autres.

publié dans : Carnets de voyages communauté : L'Avis des Eclectiques
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