Ils sont là. Cachés dans la pénombre. Je ne les vois pas mais je les sens qui m'épient, me guettent, prêts à faire feu au moindre mouvement.
Derrière la colonne, je m'aplatis. Je me fais la plus fine possible. La musique hurle, quelque part des haut-parleurs crachent un vacarme de guitares grasses et de batteries trop
lourdes. J'ai peur. Je vais devoir redoubler de prudence et d'astuces pour m'en sortir indemne.
J'ai trop chaud et l'adrenaline parcours mes veines à la vitesse de l'éclair. Mon front se couvre peu à peu d'une myriade de perles humides. Je dois absolument atteindre la porte du fond et
prendre l'ennemi par surprise, c'est une question de survie. Ils ne sont que deux dans la pièce suivante, je les vois dans la petite lucarne, et si je la joue fine je les aurai abattus avant qu'ils
ne comprennent le danger qui les menace. Un regard à gauche, un regard à droite...j'aperçois, à l'angle d'un mur, la lueur rouge d'un viseur braquée dans ma direction. Je vais m'élancer et ils ne
me feront pas de cadeaux. J'ai peur.
C'est le moment. Je charge mon arme, prête à tirer sur le premier qui bougera. D'un bond je rejoins l'angle protecteur du couloir. Le dos plaqué contre le mur, l'arme au poing
levée vers le ciel, je risque un regard derrière la cloison. Quatre. Ils sont quatre à m'attendre. Mon objectif est à moins de 10 mètres, mais ils seront décisifs. Une seule
erreur et je resterai sur le carreau. Seulement, il en faudra plus pour venir à bout de ma ténacité. Les 10 soldats ayant croisé ma route dans la demie heure écoulée ne se sont pas relevés, et ce
ne sont pas les 6 restants qui vont me faire reculer. Mais je suis blessée, donc moins puissante, et surtout plus vulnérable.
Mon cerveau tourne à toute vitesse. Courir et mourir, ou rouler et peut être échapper au feu des canons. Le choix est vite fait. Rouler. Je charge à nouveau mon arme et prends appui sur le mur. Je
tombe, épaules en avant, et commence ce qui devait être la plus longue -et dangereuse- roulade de mon existence. A peine une mèche de mes cheveux est-elle à découvert que les tirs
fusent. Je suis repérée.
Ne surtout pas ralentir, et passer entre les balles.
J'atteinds enfin la porte. Vivante. Encore une fois, je me plaque contre le mur. Dans ma course, j'ai repéré chacun de mes assaillants. Ils m'ont laissé la vie sauve, mais je ne leur accorderai pas
ma clémence. L'un après l'autre, je vise, je tire, ils tombent. Au fond de la pièce restent les deux seuls membres de leur équipe. Je m'approche silencieusement, ils s'écroulent
un à un, pour eux c'est la fin.
Je rengaine mon arme et m'essuie le front en me dirigeant vers la sortie. Je dépose mon armure et quitte le bâtiment. L'air frais me fait du bien.
Je rentre chez moi , en nage, après une super partie de laser-game.