Samedi 13 janvier 2007
Pendant les trente premières années du XXe siècle, les gouvernements irlandais qui se succédèrent considérèrent la musique avec moins d’égards que les autres activités culturelles et artistiques du pays. Il fallut attendre 1930 et le gouvernement de Fianna Fail pour que l’on reconnaisse son intérêt. Le gouvernement accorda cette année là une subvention à un comité qui prit le nom de Irish Folklore Society, issu de la Irish Folklore Academy fondée en 1875. L’Irish Folklore Society devint alors une organisation gouvernementale, la Irish Folklore Commission, qui trouva même sa place, en 1971, à l’University College, Dublin, sous le nom de Department of Irish Folklore.
Deux éléments sont fondamentaux dans le renouveau de la musique traditionnelle irlandaise au XXe. Tout d’abord, le gigantesque travail effectué par Francis O’Neill, qui publiera en 1903 le recueil Music of Ireland, ouvrage qui constitue encore aujourd’hui le plus important travail de collectage de musique irlandaise jamais réalisé. Deuxièmement, l’invention (et invasion ?) du disque en Amérique contribuera à cet essor, permettant à la musique d’être diffusée non plus à l’échelle d’une région ou d’un pays, mais au niveau planétaire, lui faisant franchir les frontières à grande vitesse.
L’ouvrage de Francis O’Neill contient 1850 pièces, réparties entre reels, jigs, slip jigs, hornpipes, la dernière partie de l’ouvrage étant consacrée à l’œuvre de Turlough O’Carolan. Toutes les partitions accompagnant cette étude sont tirées de cet ouvrage de référence.
Le disque, d’abord vinyle, puis rapidement compact, amena au fiddle une gloire encore inégalée par tout autre instrument traditionnel. Michel Coleman, Paddy Killoran, et James Morrisson, tous trois originaires du comté de Sligo, enregistrèrent ensemble leurs premiers titres aux Etats-Unis dans les années 1920, où ils étaient déjà très populaires. Leurs disques traversèrent l’Atlantique pour arriver en Irlande, servant ainsi de professeurs aux musiciens irlandais. Ils influencèrent alors l’ensemble des instrumentistes, qui cherchèrent à reproduire les mêmes effets, les mêmes ornementations, et furent presque tentés d’oublier leurs propres styles locaux en copiant ces nouveaux maîtres dans les plus petits détails. Les musiciens perdirent malheureusement de leur personnalité, et aujourd’hui seules les régions du Donegal et du Slieve Luachra (à cheval sur les comté de Kerry et de Cork), possèdent encore un style particulier et reconnu. Toutefois les musiciens continueront de faire revivre leur musique, en remettant par exemple à l’honneur des danses oubliées comme les barndances, datant de la fin du XIXe siècle.
1951 marque le véritable renouveau et voit naître le Fleadh Cheoil, immense festival rassemblant les meilleurs musiciens d’Irlande. Aux Etats-Unis, l’émergence des Clancy Brothers en 1961 provoqua un enthousiasme gigantesque pour le ballad singing, et également pour le seán-nós, le chant a capella . Les Clancy Brothers firent sortir la musique des frontières de l’Etat, grâce à la radio, la télévision, les disques et les cassettes, révélant ainsi la richesse de la musique irlandaise au monde entier. Aujourd’hui, le succès des spectacles alliant danse et musique, comme le célèbre et époustouflant Riverdance, atteste de cette nouvelle gloire.
En résumé, durant ces vingt derniers siècles, le devenir des musiciens irlandais ne tint souvent qu’à un fil: de haut rang dans l’organisation clanique de l’Antiquité, jusqu’au XVIIIe et la chute de l’Ordre Bardique, il fut relégué au statut de musicien itinérant, écrasé sous le poids des Lois Pénales, avant d’entrer dans le monde du spectacle et de renaître pleinement au XXe siècle. Ce panorama de la musique irlandaise nécessite maintenant une étude plus technique, afin de mieux en comprendre le fonctionnement, à travers la structure même des pièces, vocales ou instrumentales, mais également à travers l’étude des instruments.
Deux éléments sont fondamentaux dans le renouveau de la musique traditionnelle irlandaise au XXe. Tout d’abord, le gigantesque travail effectué par Francis O’Neill, qui publiera en 1903 le recueil Music of Ireland, ouvrage qui constitue encore aujourd’hui le plus important travail de collectage de musique irlandaise jamais réalisé. Deuxièmement, l’invention (et invasion ?) du disque en Amérique contribuera à cet essor, permettant à la musique d’être diffusée non plus à l’échelle d’une région ou d’un pays, mais au niveau planétaire, lui faisant franchir les frontières à grande vitesse.
L’ouvrage de Francis O’Neill contient 1850 pièces, réparties entre reels, jigs, slip jigs, hornpipes, la dernière partie de l’ouvrage étant consacrée à l’œuvre de Turlough O’Carolan. Toutes les partitions accompagnant cette étude sont tirées de cet ouvrage de référence.
Le disque, d’abord vinyle, puis rapidement compact, amena au fiddle une gloire encore inégalée par tout autre instrument traditionnel. Michel Coleman, Paddy Killoran, et James Morrisson, tous trois originaires du comté de Sligo, enregistrèrent ensemble leurs premiers titres aux Etats-Unis dans les années 1920, où ils étaient déjà très populaires. Leurs disques traversèrent l’Atlantique pour arriver en Irlande, servant ainsi de professeurs aux musiciens irlandais. Ils influencèrent alors l’ensemble des instrumentistes, qui cherchèrent à reproduire les mêmes effets, les mêmes ornementations, et furent presque tentés d’oublier leurs propres styles locaux en copiant ces nouveaux maîtres dans les plus petits détails. Les musiciens perdirent malheureusement de leur personnalité, et aujourd’hui seules les régions du Donegal et du Slieve Luachra (à cheval sur les comté de Kerry et de Cork), possèdent encore un style particulier et reconnu. Toutefois les musiciens continueront de faire revivre leur musique, en remettant par exemple à l’honneur des danses oubliées comme les barndances, datant de la fin du XIXe siècle.
1951 marque le véritable renouveau et voit naître le Fleadh Cheoil, immense festival rassemblant les meilleurs musiciens d’Irlande. Aux Etats-Unis, l’émergence des Clancy Brothers en 1961 provoqua un enthousiasme gigantesque pour le ballad singing, et également pour le seán-nós, le chant a capella . Les Clancy Brothers firent sortir la musique des frontières de l’Etat, grâce à la radio, la télévision, les disques et les cassettes, révélant ainsi la richesse de la musique irlandaise au monde entier. Aujourd’hui, le succès des spectacles alliant danse et musique, comme le célèbre et époustouflant Riverdance, atteste de cette nouvelle gloire.
En résumé, durant ces vingt derniers siècles, le devenir des musiciens irlandais ne tint souvent qu’à un fil: de haut rang dans l’organisation clanique de l’Antiquité, jusqu’au XVIIIe et la chute de l’Ordre Bardique, il fut relégué au statut de musicien itinérant, écrasé sous le poids des Lois Pénales, avant d’entrer dans le monde du spectacle et de renaître pleinement au XXe siècle. Ce panorama de la musique irlandaise nécessite maintenant une étude plus technique, afin de mieux en comprendre le fonctionnement, à travers la structure même des pièces, vocales ou instrumentales, mais également à travers l’étude des instruments.





