Aujourd'hui, un peu de sciences et de connaissances. J'ai étudié cette année, en cours de psychologie de l'enfant, au programme de la formation, le développement de l'enfant de 0 à 10 ans. C'est
une discipline passionnante, qui a répondu à beaucoup de question que je me posais sur le sujet. Voici donc l'explication de la partie de ce cours qui m'a le plus interessée: le complexe
d'Oedipe. C'est un peu long, mais vous en sortirez intellectuellement grandis ;) (loin de moi l'idée de dire que vous êtes petits hein.) Une précision que j'avais ommise, involontairement cela
dit, suite aux premiers commentaires: ce n'est pas moi qui ait fait cette synthèse. Recopier mon cours de 20 pages sur le sujet aurait été trop long. aussi j'ai fait de longues recherches sur
internet pour trouver un document se rapprochant le plus possible de ce que j'avais vu en cours. Le complexe peut être formulé de différentes facons, celle ci est celle qui me semble la plus
fidèle à ce que j'ai appris. D'autres notions psychologiques et cette synthèse de l'Oedipe sur edelassus.
Qu'est ce que le complexe d'Oedipe?
Le complexe d'OEdipe consiste dans l'union chez le jeune enfant :
- de désirs sexuels pour le parent de sexe opposé,
- d'une relation ambivalente et complexe pour le parent de même sexe (haine et jalousie ainsi qu'amour et admiration).
L'existence du complexe d'OEdipe est une des principales thèses de la psychanalyse.
Le complexe d'OEdipe organise la sexualité de l'enfant, son apparition est favorisée par la relation privilégiée avec la mère, principalement à l'occasion de l'allaitement qui suscite une pulsion
sexuelle se manifestant par une recherche autonome du plaisir de la succion. Mais si la sexualité infantile apparaît dès le plus jeune âge et prépare l'avènement du complexe d'OEdipe ce dernier
n'apparaît qu'à la période phallique.
Il est d'abord indispensable de préciser le sens de la notion de complexe.
Tout d'abord le complexe d'OEdipe n'est pas un trouble ou une anomalie n'affectant que certains enfants et pas d'autres, et persistant chez certains sujets à l'âge adulte. Tous les enfants sont
sujets à ce complexe qui fait partie du développement normal de la sexualité et de l'affectivité.
Le sens du terme de complexe peut être ainsi défini, il s'agit de l'union inconsciente de réactions affectives associées à des fantasmes ou rêveries. (Ces fantasmes lorsqu'ils ne prennent pas
corps sont source de d'angoisse pour l'enfant, ex: le fantasme de la mauvaise mère pour la petite fille qui craint la vengeance de la mère en raison de la rivalité qu'elle entretient avec elle
pour la séduction du père., même chose avec le père pour le petit garçon.)
Tous ces fantasmes peuvent prendre corps et se concrétiser pour l'enfant au travers de récits imaginaires comme les contes de fées (Psychanalyse des contes de
fées, Robert Laffont, collection Pluriel) .
Le complexe est donc cet assemblage d'éléments affectifs, de pulsions partielles (formes particulière de la pulsion sexuelle et des fantasmes). Tous les complexes dont parle Freud ne sont pas des
« blocages » (sens courant du terme) mais des étapes normales du développement sexuel et affectif de l'enfant qui continuent à jouer un rôle pendant l'âge adulte en tant qu'ils sont les
organisateurs de la vie affective.
En ce qui concerne les travaux de Freud, ils concernent principalement le cas du garçon, même si le cas de la fille est décrit il semble être plus problématique. Des travaux plus récents comme
ceux de M. Klein (M. Klein, La psychanalyse des enfants, P.U.F., Bibliothèque de psychanalyse) ont affiné et parfois contesté les théories de Freud.
En effet pour Freud l'OEdipe n'apparaît véritablement qu'à l'âge de 3 ans pour s'estomper à l'âge de 5 ans puis se réveiller et se résoudre à l'adolescence.
Pour Mélanie Klein le processus est plus complexe et elle décrit des stades initiaux (antérieurs à l'apparition du complexe sous sa forme achevée) entre 6 mois et 3 ans et dont la connaissance
permet de mieux comprendre le rapport entre le complexe de sevrage et le complexe d'OEdipe tel qu'il apparaît à l'âge de 3 ans.
L'Oedipe du petit garçon:
1) Expériences préoedipiennes et conditions d'apparition.
- Relation privilégiée avec la mère : depuis la naissance l'enfant est choyé, protégé par la mère et l'attention qu'elle manifeste à son égard, les soins qu'elle lui donne ne font que stimuler
ses pulsions sexuelles (ex : l'allaitement).
- Les différentes épreuves de la croissance et du développement: Sevrage marche éducation à la propreté.
Toutes ces conquêtes entraînent de la part de l'enfant une revendication d'indépendance et d'autonomie plus prononcée.
La croissance des organes génitaux entraîne une poussée des pulsions sexuelles qui s'expriment plus intensément.
La combinaison de tous ces facteurs contribue à l'instauration d'une relation beaucoup plus active entre l'enfant et la mère dans le domaine de l'affectivité.
2) Le début de l'Oedipe
L'activité de l'enfant va correspondre à une position masculine dans la relation avec la mère. Dans son comportement l'enfant imite son père et après avoir établi une relation conflictuelle avec
ce dernier il adopte une attitude de séduction.
3) Développement du complexe
L'adoption de cette attitude de séduction entraîne aussi de la part de l'enfant une démarche d'exclusion du père. Ce sentiment de rivalité prolonge d'ailleurs l'expérience préoedipienne au cours
de laquelle la mère et le nourrisson entretenaient une relation intense et exclusive.
- amour pour la mère
- jalousie à l'égard du père
==>Prolongement des expériences et des sentiments préoedipiens
4) Le complexe paternel
L'un des composants du complexe d'OEdipe est le complexe paternel qui se forme lorsque le complexe commence à se développer, il concerne une relation ambivalente de l'enfant à son père.
Le père est un un rival, mais aussi un modèle aimé et admiré (ne pas oublier que dans son attitude virile le petit garçon s'identifie à son père).
Cela explique que le garçon ait besoin d'un père fort et bienveillant.
- Fort ( pour qu'il puisse valoriser son père et en faire un modèle. )
- Bienveillant ( Le père doit être suffisamment tolérant, ne pas inspirer au petit garçon une crainte absolue afin que ce dernier trouve la force et le courage de s'opposer à lui. )
C'est d'ailleurs cette double relation d'opposition et d'identification qui fera évoluer le complexe d'OEdipe et provoquera son dépassement final. Ce qui conduit à penser que dans l'OEdipe du
garçon la relation au père occupe une plus grande importance que la relation à la mère.
5) Point culminant de l'Oedipe
A ce stade le complexe se caractérise par une véritable relation amoureuse avec la mère. De préconscient le sentiment amoureux devient conscient et se manifeste clairement avant d'être refoulé
dans l'inconscient.
- Déclaration d'amour
- Désir de prendre la place du père (au lit, à table)
- Projet d'avoir des enfants avec la mère
- L'enfant éprouve de la joie lorsque le père est absent.
6) Le omplexe de castration
C'est un élément moteur dans le complexe d'OEdipe car il permet son dépassement. Son contenu affectif est l'angoisse de castration qui s'explique ainsi: l'enfant craint que son pénis ne soit
coupé par le père en punition de son amour pour sa mère et de ses fantasmes de parricide. Cette crainte est issue de l'inconscient collectif héritée des ères tribales où les opposants au chef de
clans étaient castrés pour avoir désobéi ou pour avoir "volé" la femme du chef.
Cette crainte peut également se fonder sur :
- Les menaces ayant pu être réellement adressées à l'enfant == lorsqu'il se masturbe.
- Certains traumatismes (intervention chirurgicale).
7) Comment l'enfant ressent-il cette crainte?
- Dans un premier temps il peut manifester du scepticisme et de l'indifférence.
- Dans un second temps apparaîtra l'angoisse de castration qui résulte principalement de la prise de conscience de la différence de sexes.
Tout d'abord le petit garçon ne conçoit pas que certains êtres puissent être dépourvus de pénis, il croit ainsi que sa mère en possède un ( fantasme de la « mère au pénis » présent chez tous les
petits garçons).
Il s'étonne donc lorsqu'il perçoit la réalité des organes génitaux masculins, il s'imagine parfois que chez sa petite soeur cette organe va pousser.
L'enfant va alors manifester une grande curiosité pour tout ce qui concerne la sexualité, il va essayer d'épier les parents pendant les rapports sexuels ou les imaginer. Il va percevoir et se
représenter le coït de manière sadique et le comparer à une lutte. L'angoisse de la castration va se fonder sur le fantasme d'une castration de la mère par le père durant le coït, le père serait
donc un castrateur ( ses menaces explicites ou implicites doivent être prises au sérieux. ( après avoir été aimé et haï le père est maintenant redouté. Le complexe d'OEdipe et le complexe de
castration se constitue simultanément tout en entrant en conflit l'un avec l'autre, le complexe de castration fait en quelque sorte partie du complexe d'OEdipe tout en s'y opposant.
8) Conflit entre trois termes:
- Libido incestueuse
- Agressivité parricide
- Souci de préserver l'intégrité du corps et le pénis
Le narcissisme de l'enfant va le conduire à dépasser le complexe d'OEdipe ==> renonciation à la libido incestueuse et aux pulsions parricides pour sauver l'intégrité corporelle du moi.
==>Déclin de l'OEdipe favorisé par la période de latence sexuelle, mais pas de disparition, l'OEdipe réapparaîtra pour se résoudre à l'adolescence.
9) La formation du sur-moi
Pour des raisons biologiques vers l'âge de 6 ans débute la période de latence sexuelle au cours de laquelle on peut constater une diminution de l'intensité des pulsions qui va durer jusqu'à la
puberté. Les pulsions parricide et incestueuses sont refoulées dans l'inconscient, elles ne disparaissent pas totalement pour autant.
Ainsi la passion pour la mère perd en apparence son caractère sexuelle pour se transformer en tendresse, de même l'identification au père n'entre plus dans un cadre agressif et conflictuel, mais
le père devient un modèle idéalisé (le plus fort, etc.).
C'est en intériorisant la loi du père que se constitue le Surmoi.
10) Etape finale
La résolution (toujours partielle) de l'OEdipe se fait principalement à l'adolescence par l'identification au père (positive ou négative) et par le désir de satisfaire la libido en recherchant un
objet d'amour et de désir à l'extérieur du cercle familial.
L'Oedipe de la petite fille
Freud semble avoir rencontré de nombreuses difficultés à ce sujet et n'était pas aussi certain de ses conclusions que pour l'îdipe du garçon.
La difficulté rencontrée vient du fait que lors du stade phallique la sexualité s'organise indifféremment (pour le garçon comme pour la fille) autour de l'organe mâle ==> Le complexe d'OEdipe
de la fille n'est pas le symétrique de celui du garçon.
Cette symétrie n'apparaît que lorsque ce complexe est parfaitement constitué
==> la petite fille amoureuse de son père désire avoir des enfants de lui
==> elle entretient avec la mère une relation ambivalente (haine + amour).
Mais au cours de son développement l'OEdipe prend une forme très différente chez la fille : quelles sont ces différences?
- Alors que chez le garçon le complexe de castration marque la fin du complexe d'OEdipe il en marque le début pour la fille.
- La relation ambivalente à la mère est plus complexe et l'opposition au désir incestueux est plus forte ==> ce qui entraînera des difficultés quant à la formation du Surmoi ==> l'entrée
dans l'OEdipe semble donc beaucoup plus difficile pour la fille.
1) Difficultés liées à l'entrée dans l'Oedipe
Pour le petit garçon l'objet d'amour entre 0 et 3 ans reste le même ==> la mère.
Il n'y a pas de rupture dans la relation mère / enfant.
En revanche pour la petite fille la tâche est beaucoup plus pénible ==> il y a rupture dans la relation à la mère, elle doit changer d'objet d'amour, se détacher de sa mère qui était objet
d'amour privilégié afin de se tourner vers son père.
2) Pourquoi un tel changement de l'orientation de l'affectivité et de la libido?
La cause principale de ce changement est le complexe de castration ==> à l'origine la petite fille comme le petit garçon n'a pas conscience ni connaissance de la différence des sexes et les
soins maternels sont source d'un plaisir de nature sexuel, d'une excitation dont le siège est le clitoris (tout comme le pénis du petit garçon qui entre en érection).
La libido va se porter surtout sur la mère (aussi sur le père, mais moins souvent et surtout moins intensément).
Dans la relation ambivalente qui opposera fille et mère le conflit consistera surtout en une revendication d'indépendance de la fillette afin de jouer une rôle plus actif dans son existence ( La
fillette va occuper dans un certain sens par rapport à la mère une position masculine qui correspond au stade
phallique.
Cette position va entraîner un traumatisme lors de la découverte de l'anatomie masculine.
- La petite fille va en effet ressentir une blessure narcissique (atteinte de l'image de soi), un sentiment d'infériorité, une certaine rancoeur envers la mère. Ce sentiment est sûrement plus ou
moins intense selon le type d'éducation reçu par la petite fille. Si la sexualité n'est pas vécue comme quelque chose de mystérieux qui doit rester caché, le traumatisme est moindre. La petite
fille n'a pas l'impression qu'on a voulu lui cacher quelque chose.
- Tout d'abord la petite fille perçoit cette difficulté comme particulière à sa personne, elle s'imagine qu'elle est seul à être privée de pénis, ce n'est qu'ensuite lorsqu'elle prend conscience
que sa mère est également privé de pénis qu'elle comprend la généralité de la différence des sexes.
- Ces découvertes vont entraîner un détachement vis à vis de la mère, un sentiment de mépris pour un être qui se trouve également en situation d'infériorité.
La libido et l'affection vont se porter sur le père, le changement d'objet va alors s'effectuer et la relation à la mère va être en partie rompue et ne plus être aussi harmonieuse qu'elle pouvait
l'être auparavant ==> premier pas vers l'OEdipe. La petite fille rentre alors dans la 2ème phase phallique.
3) L'envie du pénis
Mais la relation n'est pas encore totalement structurée sur le mode oedipien. En effet avant d'être l'objet de la pulsion sexuelle le père est tout d'abord objet d'identification ==> attitude
déterminée par l'envie du pénis ==> sentiment complexe = souffrance de ne pas le posséder + désir de l'acquérir.
Progressivement ce sentiment va se transformer ensuite en amour du père (pulsion sexuelle).
==> jalousie envers la mère
==> attachement intense au père, désir d'avoir des enfants de lui.
C'est alors que se met en place la relation ambivalente avec la mère.
==> La petite fille transforme ce qui reste de son attachement ancien à la mère en désir de lui ressembler
==> identification , position féminine dans le but de séduire le père.
4) L'ambivalence
La petite fille aime et admire la mère en tant que modèle, elle la déteste en tant que rivale. Cela dit en raison de ce qui subsiste de la relation mère / nourrisson, le complexe d'OEdipe de la
fillette n'est pas la réplique exacte de ce qui se passe chez le garçon dans la relation ambivalente au père.
A la suite de la période de latence la résolution du complexe se fait par identification et désir d'indépendance à l'adolescence ==> rechercher d'un objet d'amour et de désir à l'extérieur.