• Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Texte Libre

Visiteurs d'un jour ou piliers de comptoir de ce blog, soyez les bienvenus!


Ca m'interesse: Comment avez-vous découvert cet espace?

Samedi 8 mars 2008

« La vie n’est qu’une succession de pièces. Et tous ceux qui se trouvent dans ces pièces contribuent à notre histoire. »

 

A première vue, cette phrase peut n’être qu’une de ces répliques empreintes de suffisance, à vocation faussement humaniste ou psychanalytique. Pour tout dire, elle est tirée d’une série télévisée. Mais quoi qu’il en soit, elle mérite réflexion. Nous nous croyons maîtres de notre existence, libres de nos choix et de nos envies. Mais finalement cette existence, ces choix et ces envies ne  sont-ils pas largement conditionnés par les gens qui nous entourent ?

 

Hier, nous avons ouvert une porte, au hasard ou pas, et dans la pièce se trouvaient des gens. Nous leur avons parlé, peut-être même avons-nous noué des liens avec eux, aussi éphémères qu’ils aient pu être. Dans  quelle mesure ces gens influent-ils aujourd’hui sur notre perception de l’existence, sur notre réflexion face à la vie, sur nos convictions ?

 

Monsieur X serait-il le même si il n’avait pas un jour rencontré madame Y ? Mademoiselle Z aurait-elle de toute façon changé de cette manière si elle n’avait pas un  jour discuté avec monsieur B ?

 

Cette question peut paraître complètement inutile et dénuée de sens. Mais avons-nous suffisamment de considération pour le rôle que notre entourage joue sur notre personnalité et sur nos choix de vie au quotidien ? Nous avons tous été amenés à changer dans notre vie. Changer d’opinion, de point de vue, de convictions, etc. Mais savons-nous seulement à qui, ou à quoi nous devons ces changements ? Faut-il croire à l’effet papillon ?

 

Et au destin ?

publié dans : Réflexions personnelles communauté : L'Avis des Eclectiques
ajouter un commentaire commentaires (9)   
Lundi 14 janvier 2008
Il existe une école primaire...

dans laquelle 40% des familles sont monoparentales.
dans laquelle 66% des familles sont sans emploi.
dans laquelle 74% des familles bénéficient de l'aide maximale pour la restauration scolaire.
dans laquelle 97% des familles appartiennent aux classes socio-professionnelles les plus basses.

Les statistiques de cette école dépassent celles des ZEP les plus défavorisées de région parisienne. Nous sommes dans les quartiers Nord de Poitiers, de part et d'autres d'un boulevard très fréquenté. Rive droite se dressent des appartements récents et sympathiques, en grande partie propriété de jeunes retraités. Rive gauche, les logements sociaux. Les tours ne sont pas en mauvais état, les espaces verts sont entretenus, les ballons roulent sur les terrains de sport et sur les tobboggans glissent cris et rires d'enfants. A première vue, un secteur HLM calme et sans histoire.

Au coeur de cette cité se trouve l'école. Le secteur HLM est tellement étendu que les locaux scolaires ne peuvent accueillir d'autres enfants que ceux que la cité abrite déjà. Alors ils sont tous là, ou presque, ça dépend des jours. Beaucoup se connaissent depuis les couches culottes, d'autres ne font que passer, voyageurs des pays de l'Est en transit pour quelques semaines, quelques mois, mais rarement pour un an. L'école ne compte pas moins de 55 nationalités différentes, venues des 4 coins du globe, mais surtout de celui d'en bas. Près de la moitié des élèves sont musulmans. Une petite Afrique en plein coeur de la Vienne.

Certains parents ont tellement peu de moyens que les cotisations de début d'année, pour la carte de cantine par exemple, sont payées en 10 fois. 10 fois 50 centimes. Ils n'ont pas le choix.  Alors pour cette école, pas de sorties scolaires, pas de classes vertes, encore moins de classes de neige, pas de cinéma, pas de visites au musée. Il n'y a pas d'argent pour tout cela.

Mais il y a la musique. Depuis de nombeuses années, le CFMI de Poitiers et ses Dumistes stagiaires (voir toutes les infos sur le CFMI et le diplôme du DUMI dans la catégorie Ma formation ) ont investi les murs de cette école. Interventions musicales une année, pratiques chorales l'année suivante, et tout autre activité permettant à nos bambins d'accéder à une musique souvent trop absente de leur domicile. Cette année, nous sommes encore une fois sur le terrain, initiateurs et acteurs d'un projet ambitieux mais fantastique.

Du 28 janvier au 02 février, Camel Zekri et ses musiciens du Diwan de Biskra seront en résidence au Théâtre Scène Nationale de Poitiers, pour deux concerts exceptionnels tant par leur originalité que leur qualité. Le premier sera centré sur le travail du Diwan, le second confrontera les musiciens du Diwan à 4 jazzmens pour un concert d'improvisation. Le CFMI et le Théâtre se sont unis pour permettre aux enfants d'y participer. Depuis début octobre, en binôme ou en trinôme, nous apprenons aux élèves des chants à répondre: un chant traditionnel poitevin, un chant traditionnel Kanac (deux étudiants de ma promotion étant originaires de Nouvelle-Calédonie), et un chant traditionnel du Diwan. Le chant Kanac et le chant du Diwan sont imposés, le chant poitevin est au libre choix de chaque groupe d'étudiants.

Ce travail aboutira à deux productions scéniques: l'une le jeudi 31 janvier dans le cadre de l'école, lors d'un concert donné devant les parents, l'autre le vendredi 1er février sur la scène du théâtre, en ouverture du premier concert du Diwan. Pour ce concert, une seule des classes est choisie, question d'effectif. Un projet ambitieux donc, mais que les enfants se sont approprié complètement. Ils mesurent l'importance de leur travail, et la confiance que l'on place en eux. Ils travaillent, ils s'investissent. Et les dates approchent.

Pour tout celà, je suis fière d'être dumiste à l'école de la pauvreté. Nous leur donnons accès à un monde qui leur est, du moins pour l'instant, hermétiquement fermé.

Il subsiste quand même une ombre à ce tableau pourtant encourageant. Le théâtre n'a pas envisagé la gratuité du spectacle pour les parents. Nous avons discuté de ces détails ce matin, et le médiateur culturel de la Scène Nationale a évoqué la somme de 3, 50 euros. Autant dire que 21 enfants ne chanteront pas devant leur maman aux yeux brillants de fierté de voir leur bout de chou sur la scène d'un théâtre réputé, accompagnés par des musiciens venus de loin.
Le théâtre n'a pas non plus envisagé le repas du soir pour les 21 enfants concernés par ce concert . Nous avons suggéré, hâtivement, que les élèves ramènent un pique-nique. Le directeur de l'école nous a répondu tristement que la moitié d'entre eux au moins viendraient sans rien à manger. 

Il existe une école primaire...

publié dans : Ecole, éducation, pédagogie communauté : L'Avis des Eclectiques
ajouter un commentaire commentaires (15)   
Vendredi 11 janvier 2008
Ce n'est pas une nouveauté, à Noël, on décore sa maison. On met des loupiottes, un sapin, pourquoi pas une couronne sur la porte d'entrée,  et par-ci par-là quelques guirlandes qui clignotent. Encore que. Tout le monde ne le fait pas.

Mais si tout le monde ne le fait pas, il existe aussi des gens, certainement issus d'une planète encore inconnue et fortement atteinte du ciboulot, qui font de leur maison un ersatz de Disneyland.  Une copie de Las Vegas. Ou qui doivent être grossistes en décoration de Noël. Au choix.

Quoiqu'il en soit,  ces gens existent, ils vivent parmi nous, et pour eux les  termes "économie d'énergie" ou "protection de l'environnement" pourtant sur toutes les lèvres actuellement, ne doivent pas signifier grand-chose. (Cliquez sur l'image pour la voir en plus grande, ça en vaut vraiment la chandelle. Heu...le détour.)

Soir--e-la-reveill--e-et-soir--e-pierrick-06-01-2008-041.jpg

Et parce que vraiment ces gens là se sont decarcassés pour accélerer honteusement le réchauffement climatique  et pousser à son paroxysme le  kitchissime fléau qui s'abat depuis quelques années sur nos jolies fêtes de Noël,  je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette scandaleuse maison en action. Avec les  machins qui clignotent, les trucs qui tournent, et les bidules qui brillent.  Seul détail manquant sur cette improbable vidéo? La musique, type Frédéric François, accompagnée par les grelots des rennes volants. Mon appareil photo pourtant très récent et très performant (cadeau du gentil Papa Noël), était un peu trop loin pour vous faire profiter de cette douce mélodie. 

Je précise tout de même que lorsque nous nous sommes arretés sur le bord de la route, après un demi-tour en catastrophe et une déviation volontaire de notre itinéraire pour fixer ces terribles images presque irréelles, 4 voitures étaient déjà là.

Et oui, on sait fêter Noël au fin fond du Massif Central, et les gens l'ont bien compris...Attention les yeux!


publié dans : Une case en moins? communauté : L'Avis des Eclectiques
ajouter un commentaire commentaires (10)   

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus